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Conseils · Investir au Havre

Investir au Havre : des prix bas, un rendement qui rétrécit au calcul.

La réponse en brefMis à jour en septembre 2026

Le Havre s’achète autour de 2 350 à 2 800 € le mètre carré et se loue 13,9 €/m² sur les petites surfaces d’après l’ANIL. Six ménages havrais sur dix sont locataires. Au coût total, un deux-pièces rapporte environ 416 € par tranche de 100 000 € investis : loin de notre seuil de 800 €.

Les prix relevés quartier par quartier, les loyers sourcés, une taxe foncière lourde, le centre classé et ses contraintes, un exemple chiffré de bout en bout — et pourquoi le rendement affiché au Havre n’est pas celui que vous encaisserez.

Le marché havrais : ce que coûte le mètre carré

Deux baromètres publics d’estimation, consultés le 7 septembre 2026, encadrent le marché sans donner le même chiffre : l’un situe l’appartement ancien havrais à 2 350 € le mètre carré (indice d’août 2026, + 3 % sur douze mois, 80 % des appartements entre 1 400 et 3 310 €), l’autre à 2 806 € (septembre 2026, fourchette 1 407 à 4 755 €). Nous retenons 2 350 à 2 800 €, sans garantie : un repère situe une ville, jamais un bien.

Le Havre

2 350 à 2 800 €

Le mètre carré ancien en moyenne, été 2026 — baromètres publics, appartements.

Nice

4 500 à 5 500 €

Le mètre carré ancien en moyenne, été 2026 — baromètres publics, appartements.

Des ordres de grandeur, sans garantie. À l’intérieur de la commune, l’écart va de 970 € le mètre carré à Caucriauville à 3 110 € à Dollemard : plus d’un rapport de un à trois.

Ce niveau s’explique par une ville qui travaille et qui ne grandit plus. Le Havre compte 166 687 habitants et 73 425 emplois (INSEE, recensement 2023), et son indicateur de concentration d’emploi s’établit à 122,8 : environ 123 emplois pour 100 actifs occupés qui y résident. Une ville qui fait travailler ses voisins attire des gens qui n’y sont pas nés, et beaucoup arrivent locataires. Mais sa population recule de 0,3 % par an depuis 2017, le chômage des 15-64 ans y atteint 18,5 % et le taux de pauvreté 24,2 %. Et le parc est large : 95 653 logements pour 82 748 résidences principales, dont 10 383 logements vacants, soit 10,9 % du parc. Un marché où l’offre ne manque pas ne fait pas monter les loyers.

Les loyers : ce que l’ANIL mesure, et ce qu’elle ne mesure pas

La « Carte des loyers » de l’ANIL et du ministère chargé du logement — loyers demandés dans les annonces, troisième trimestre 2025, publiée sur data.gouv.fr le 11 décembre 2025 — donne pour Le Havre 12,4 €/m² tous appartements confondus, sur 28 607 annonces : 13,9 €/m² pour les studios et deux-pièces, 11,7 €/m² pour les trois pièces et plus. Rouen affiche 13,3 €/m², Caen 13,8 €/m², Sainte-Adresse 14,2 €/m². Nice, dans le même fichier : 20,4, 22,7 et 19,7 €/m².

Une précision qui change tout le calcul : cet indicateur est charges comprises, alors que la règle des 800 € se calcule sur le loyer hors charges, le seul que le propriétaire encaisse vraiment. Entre les deux, il y a les charges récupérables — eau, entretien des parties communes, chauffage collectif, enlèvement des ordures ménagères — qui ne lui appartiennent pas. Au Havre, ce point pèse plus qu’ailleurs : 42,4 % des résidences principales ont été construites entre 1946 et 1970, souvent en collectif avec chauffage commun, et la taxe d’enlèvement des ordures ménagères y est prélevée à 12,76 % (DGFiP, 2025). Une annonce à 584 € charges comprises, ce n’est pas 584 € dans votre poche. Notre guide du rendement brut et net détaille chacun de ces écarts.

La règle des 800 € appliquée au Havre

Voici le filtre de la maison, et il ne bouge pas d’une ville à l’autre : un bien n’est retenu que s’il rapporte au moins 800 € de loyer mensuel par tranche de 100 000 € investis, calculés sur le coût total — prix négocié, frais de notaire à environ 7,5 % dans l’ancien, travaux, meubles — et jamais sur le prix affiché. C’est sévère. C’est fait pour.

Appliqué au Havre, cela donne ceci. Un deux-pièces de 42 m² à rafraîchir à Sanvic, acheté 95 000 €, soit 2 262 € le mètre carré — sous l’estimation du secteur en appartements —, avec 7 125 € de frais de notaire, 18 000 € de travaux et 5 000 € de meubles, revient à 125 125 €. L’ANIL donne 13,9 €/m² charges comprises pour un petit logement havrais, soit environ 584 € pour 42 m² ; hors charges, nous retenons 520 €. Le rapport tombe à 416 € par tranche de 100 000 €, soit un rendement brut d’environ 5,0 %.

Ce que l’annonce affiche

7,4 %

584 € charges comprises rapportés au prix de vente, 95 000 €.

Ce que vous encaissez

5,0 %

520 € hors charges rapportés au coût total, 125 125 €.

Exemple pédagogique, construit pour l’exercice. Le prix affiché ne représente ici que 76 % du coût réel : c’est la raison de l’écart, et c’est plus marqué dans une ville bon marché, parce que les frais de notaire, les travaux et les meubles, eux, ne baissent pas avec le prix.

Le verdict, sans détour : Le Havre ne passe pas la règle des 800 € au prix des annonces. Pour y arriver sur ce deux-pièces, il faudrait 1 001 € de loyer mensuel hors charges — soit 23,8 €/m², à peu près le niveau niçois, que le marché havrais ne porte pas — ou ramener le coût total à 65 000 €, c’est-à-dire acheter et rénover pour la moitié de notre hypothèse. Pour mémoire, le même calcul donne environ 360 € à Nice, 413 € à Lille et 430 € à Grasse : Le Havre s’achète nettement moins cher que ces trois villes et finit au même endroit, parce que son loyer est bas lui aussi.

Dans quel cas de figure passerait-elle ? Trois conditions, cumulatives plutôt qu’alternatives : plusieurs loyers sous un même toit, un prix d’achat très en dessous de l’estimation du secteur, et des travaux tenus au devis. Posons la cible chiffrée, puisque c’est de l’arithmétique : un quatre-pièces de 90 m² acheté 138 000 € à Graville, avec 10 350 € de frais de notaire, 35 000 € de travaux et 12 000 € de meubles, revient à 195 350 € ; loué entier au tarif ANIL des trois pièces et plus, il afficherait environ 1 056 € charges comprises — mettons 940 € hors charges, en retirant une centaine d’euros de charges récupérables —, soit 481 € par tranche. Pour franchir les 800 €, il faudrait 1 563 € par mois, c’est-à-dire quatre chambres à 391 € hors charges. Nous n’avons trouvé aucun relevé public daté des chambres en colocation havraises : nous ne dirons donc pas si ce niveau se tient. C’est le chiffre à confronter aux annonces avant de faire une offre, pas après.

Les quartiers, un par un

Chacun des prix qui suivent est relevé sur la page du quartier concerné, dans un baromètre public d’estimation, rubrique « appartements », indice d’août 2026. Une précision utile : la liste de quartiers affichée sur la page communale du même baromètre donne, elle, d’autres nombres — ce n’est pas le prix des seuls appartements, et l’écart atteint parfois plusieurs centaines d’euros au mètre carré. Ordres de grandeur, sans garantie.

  • Le centre reconstruit — 2 800 €/m². Les 150 hectares d’Auguste Perret, classés au patrimoine mondial depuis 2005 : de grands appartements clairs, traversants, souvent en chauffage collectif. Se loue à des jeunes actifs et à des salariés du tertiaire havrais. Peu de studios.
  • Saint-Vincent — 2 880 €/m². Commerces, immeubles bourgeois, proximité de la mer et du centre. Avec le coteau de Dollemard, plus haut encore (3 110 €/m²), c’est le sommet du relevé : on y achète du confort de revente plus que du rendement.
  • L’Eure — 2 540 €/m². L’ancien quartier des bassins, réhabilité, avec l’université et ses écoles à portée de pied. C’est le secteur étudiant et jeune actif de la ville.
  • Côte Ouest-Ormeaux — 2 470 €/m². Le coteau, la vue, les familles. Beaucoup de petits collectifs des années 1960-1970 : le diagnostic énergétique s’y lit avant l’offre.
  • Sanvic — 2 310 €/m². Sur le plateau, résidentiel, commerçant, relié au centre. Un public familial et durable, des relocations moins fréquentes.
  • Tourneville — 1 670 €/m². Entre le centre et le plateau, de la brique du XIXe siècle. Un des prix les plus bas des quartiers d’habitat ordinaire, et un bâti qui change de tenue d’une rue à l’autre.
  • Graville — 1 640 €/m² (+ 2,5 % sur douze mois). L’ancien faubourg ouvrier de l’est, adossé au port et à son abbaye. Au même niveau qu’Aplemont (1 640 €/m²) et à peine sous Tourneville — et, comme eux, très inégal d’une rue à l’autre.
  • Les quartiers hauts — de 970 à 1 350 €/m². Caucriauville (970 €), Mare Rouge (1 070 €), Mont-Gaillard (1 320 €), Points Cardinaux (1 350 €) : de grands ensembles en renouvellement urbain. Les prix y sont les plus bas de la commune, la revente y est la plus lente, et nous ne les recommandons pas pour un premier achat.

La demande locative : solide, et pas très solvable

Le point fort havrais est la structure du parc. 59,8 % des résidences principales sont occupées par des locataires (INSEE, 2023) — contre 49,7 % à Nice —, les résidences secondaires ne pèsent que 2,6 % du parc, et 73,2 % des logements sont des appartements. Personne n’achète au Havre pour trois semaines d’août : le marché est habité toute l’année.

Les étudiants existent sans dominer. À la rentrée 2024, dernière disponible dans l’atlas du ministère de l’Enseignement supérieur, la commune du Havre comptait 11 698 étudiants : 6 673 en formations universitaires, 1 767 en sections de techniciens supérieurs, 1 333 en écoles de commerce et de gestion, 788 en écoles paramédicales et sociales, 375 en classes préparatoires. L’université Le Havre Normandie revendique de son côté « plus de 7 000 étudiants » et 85 nationalités. C’est réel et c’est concentré autour de l’Eure et du centre. Ce n’est pas une ville étudiante pour autant : dans la même source et à la même rentrée, Caen en comptait 37 331 et Rouen 17 726.

Le revers se lit dans les mêmes tableaux, et il est sévère : 18,5 % de chômage chez les 15-64 ans, 24,2 % de taux de pauvreté, une médiane du niveau de vie à 22 480 € par unité de consommation. Une demande abondante n’est pas une demande solvable : au Havre, le dossier du locataire compte autant que l’emplacement, et la garantie de loyers impayés n’est pas une option de confort.

Un exemple chiffré, de bout en bout

Reprenons le deux-pièces de 42 m² à Sanvic — entièrement construit pour l’exercice, ce n’est pas un dossier réel, mais chaque ligne suit la méthode de la maison. D’abord le coût total, la seule base honnête.

Le coût total — Le Havre, Sanvic

Prix d’achat négocié — environ 2 262 €/m²95 000 €
Frais de notaire (environ 7,5 %)7 125 €
Travaux — électricité, salle d’eau, cuisine, isolation, peintures18 000 €
Meubles5 000 €
Coût total — la vraie base de calcul125 125 €

Le prix affiché représente ici 76 % du coût réel. C’est le chiffre que la plupart des calculs de rendement prennent pour le tout.

Le loyer, maintenant : 520 € hors charges, contre 584 € charges comprises selon l’ANIL. Avec 15 000 € d’apport, il reste 110 125 € à emprunter. Sur vingt ans à 3,15 % — notre hypothèse de travail —, la mensualité ressort à environ 619 €, plus 31 € d’assurance emprunteur : 650 € sortent chaque mois.

Une année de location — 520 € par mois

Loyer annuel6 240 €
Vacance locative (5 %)− 312 €
Frais de gestion (7 % de l’encaissé)− 415 €
Charges de copropriété non récupérables− 700 €
Taxe foncière− 900 €
Assurance propriétaire non occupant− 150 €
Entretien− 400 €
Comptabilité (30 € par mois)− 360 €
Crédit et assurance (650 € × 12)− 7 800 €
Cash flow annuel− 4 797 €

Soit environ − 400 € par mois, à sortir de sa poche. Charges de copropriété, taxe foncière et entretien sont des hypothèses de l’exercice : la valeur locative cadastrale d’un logement donné n’est pas publique, et le taux havrais est élevé — nous y revenons.

Le même bien acheté sans travaux, prêt à louer, à 105 000 € — donc 117 875 € au coût total, notaire et meubles compris — donnerait 441 € par tranche et un cash flow d’environ − 357 € par mois : un peu mieux, toujours négatif, et sans le levier de la négociation que donnent les travaux. C’est précisément ce mécanisme que détaille notre guide de l’investissement locatif avec travaux.

Les pièges propres au Havre

  • Une taxe foncière très lourde. Le taux global de taxe foncière sur les propriétés bâties s’élève à 54,47 % au Havre en 2025, au même niveau depuis 2021, contre 42,43 % à Nice (DGFiP, fiscalité locale des particuliers). Une part du rendement supplémentaire promis par le prix bas repart ici, chaque automne. L’avis de taxe foncière du vendeur se demande avant l’offre : c’est le seul chiffre fiable.
  • Le centre classé et sa réglementation propre. Les 150 hectares du centre reconstruit sont inscrits au patrimoine mondial depuis le 15 juillet 2005 et couverts par une AVAP valant site patrimonial remarquable, dont la modification n° 1 s’applique depuis le 10 février 2026 : c’est un règlement écrit, en plus du plan local d’urbanisme, qui commande l’aspect extérieur des immeubles. Et dans les 500 mètres autour d’un monument historique, la Ville rappelle que toute modification de l’aspect extérieur — façades, couvertures — ou tout travail qui change les lieux extérieurs demande une autorisation avec l’approbation de l’architecte des Bâtiments de France. Un remplacement de fenêtres n’y est ni libre ni au prix du catalogue : le service urbanisme se consulte avant le devis, pas après.
  • Des façades en brique sous campagne. La Ville mène jusqu’au 31 décembre 2026 des campagnes incitatives — et non obligatoires — de ravalement des façades en brique sur Thiers-Coty-Flaubert et sur Sainte-Marie / Saint-Léon, avec une subvention de 30 % du montant hors taxes plafonnée à 6 000 € par 100 m² de façade. Deux conséquences pratiques : un ravalement peut être voté en assemblée pendant que vous achetez, et les travaux ne doivent pas démarrer avant l’accord de la Ville, sous peine de perdre l’aide.
  • Le bâti de la Reconstruction. 42,4 % des résidences principales havraises datent de 1946 à 1970 (INSEE, 2023). Béton, chauffage collectif, menuiseries d’origine : 10,4 % des diagnostics énergétiques enregistrés au Havre depuis juillet 2021 sont classés F ou G (ADEME, base des logements existants, 61 721 diagnostics), contre 5,7 % à Nice. Un classé G ne peut plus être loué depuis le 1er janvier 2025, un classé F ne le pourra plus au 1er janvier 2028 : notre guide sur l’achat d’une passoire thermique pose le calendrier et le coût.
  • Ni zone tendue, ni encadrement — et 10,9 % de vacance. Le Havre ne figure pas dans l’annexe du décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, ni dans la liste des communes appliquant un loyer de référence (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 1er août 2026). Le loyer est donc libre — mais cette liberté existe parce que la demande n’est pas jugée tendue. Avec 10 383 logements vacants dans la commune, un bien mal placé ou mal rénové reste vide.
  • Des copropriétés à lire de près. La Ville mène un programme de prévention et d’accompagnement des copropriétés du centre ancien jusqu’en 2026, et une opération programmée d’amélioration de l’habitat en renouvellement urbain. Ces dispositifs existent parce que le besoin existe : procès-verbaux d’assemblée, appels de fonds et travaux votés se lisent avant l’offre, sans exception.
  • Le meublé de tourisme n’est pas le plan. La Ville impose une déclaration préalable en mairie pour tout meublé de tourisme, au titre de la loi du 19 novembre 2024 (page municipale mise à jour le 20 mai 2026). Elle ne publie ni limite de jours, ni procédure de changement d’usage : cela peut évoluer, et cela se vérifie en mairie. Surtout, la saison havraise est courte : un projet tient ses chiffres loué à l’année, ou il ne tient pas.

Comment ORELLIA accompagne un projet havrais

ORELLIA est une société de conseil et de coordination. Elle ne vend ni bien, ni crédit, ni montage : chaque métier est exercé par un professionnel indépendant qui contracte directement avec vous, et votre argent ne transite jamais par nous. Notre siège est à Nice ; nous n’avons ni agence, ni bureau, ni équipe au Havre — et nous n’en avons pas besoin.

La recherche du bien revient à un agent immobilier titulaire de la carte professionnelle, que vous mandatez et qui travaille sur le terrain havrais ; le réseau auquel nous faisons appel est national, ce qui rend un agent mobilisable à Sanvic comme à Graville. Le dossier bancaire revient au courtier, dont le réseau couvre lui aussi la France entière. Ce que nous faisons, c’est le reste : la stratégie, le chiffrage, le tri des biens, la coordination, et le fait de vous dire non quand le compte n’y est pas.

Concrètement : nous posons la cible avec vous, nous écrivons le cahier des charges que l’agent que vous mandatez recevra, nous passons chaque bien proposé au calcul de cette page — coût total, loyer hors charges, taxe foncière réelle, filtre des 800 € —, et nous vous remettons un avis écrit sous cinq jours. Le premier appel avec l’équipe dure trente minutes et il est gratuit ; le rendez-vous stratégie est tenu par Axel Orel en personne ; nous prenons dix dossiers à la fois, pas plus. Le parcours complet, en treize étapes, est décrit dans notre méthode.

Faites le calcul sur votre projet

Quelle que soit la ville, la mécanique est la même et elle est publique : coût total, loyer hors charges, filtre des 800 € par tranche de 100 000 €, cash flow mensuel. Le Havre n’est ni un piège ni une aubaine : c’est un marché bon marché dont les loyers sont bas eux aussi, et où la différence se fera sur le prix d’achat et sur le nombre de loyers, pas sur le nom de la ville.

L’outil de la maison

Le simulateur de rentabilité ORELLIA

Entrez un prix havrais, des travaux, un loyer : il pose le calcul complet — coût total, cash flow mensuel, règle des 800 € par tranche de 100 000 € — et rend son verdict. Gratuit, sans inscription.

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Et si vous préférez poser vos chiffres avec quelqu’un, le premier appel avec l’équipe dure trente minutes, il est gratuit, et il sert exactement à ça — y compris pour vous dire qu’un appartement du centre reconstruit, si beau soit-il, ne fera pas un bon dossier au prix demandé. La décision vous appartient, sans pression.

Vos questions

Investir au Havre : ce qu’on nous demande.

Investir au Havre, est-ce rentable en 2026 ?

Moins que sa réputation ne le dit. Les baromètres publics situent l’appartement ancien havrais entre 2 350 et 2 800 € le mètre carré à l’été 2026, sans garantie, pour un loyer d’annonce de 13,9 €/m² charges comprises sur les studios et deux-pièces d’après l’ANIL. Dans notre exemple pédagogique, un deux-pièces rapporte environ 416 € de loyer par tranche de 100 000 € investis au coût total — mieux que Nice, à peu près comme Lille, très loin de notre seuil de 800 €. Le prix bas ne fait pas le rendement : les frais fixes non plus ne baissent pas.

Pourquoi le rendement affiché au Havre est-il si élevé ?

Parce qu’il se calcule presque toujours sur le prix de l’annonce et sur un loyer charges comprises. Dans notre exemple, un deux-pièces acheté 95 000 € et loué 584 € charges comprises affiche 7,4 % brut. Le même bien, compté au coût total — 125 125 € avec les frais de notaire, les travaux et les meubles — et sur le loyer hors charges de 520 €, tombe à 5,0 %. L’écart n’est pas un détail de méthode : dans une ville bon marché, les frais fixes pèsent proportionnellement plus lourd qu’ailleurs.

Quels quartiers du Havre pour un premier investissement locatif ?

Le centre reconstruit et le quartier de l’Eure tiennent le mieux la comparaison entre prix, demande et facilité de relocation : sur les pages de quartier d’un baromètre public, indice d’août 2026, l’appartement est estimé à 2 800 € le mètre carré au centre-ville et 2 540 € à l’Eure, à côté de l’université. Sanvic (2 310 €) achète moins cher, avec un public plus familial, et Tourneville (1 670 €) nettement moins cher encore. Graville (1 640 €) et les quartiers hauts, jusqu’à 970 € à Caucriauville, se paient très bas — et se trient immeuble par immeuble, ce qui n’est pas un premier achat.

Le Havre est-elle en zone tendue et les loyers y sont-ils encadrés ?

Non aux deux. Le Havre ne figure pas dans l’annexe du décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, dans sa version en vigueur au 7 septembre 2026, et n’est pas dans la liste des communes appliquant un loyer de référence (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 1er août 2026). Concrètement : le loyer est libre à la relocation, le préavis du locataire reste de trois mois, et la taxe annuelle sur les logements vacants ne s’applique pas. C’est une liberté, pas un avantage : elle existe parce que la demande n’est pas jugée tendue, et 10,9 % du parc havrais est vacant.

Quelles précautions prendre avec un appartement du centre reconstruit ?

Le centre est classé au patrimoine mondial depuis le 15 juillet 2005, sur 150 hectares, et couvert par une AVAP valant site patrimonial remarquable dont la modification n° 1 s’applique depuis le 10 février 2026. Façades, couvertures, menuiseries et extensions passent par l’avis de l’architecte des Bâtiments de France : changer des fenêtres n’y est pas un chantier libre. À vérifier aussi : le chauffage collectif, les charges, et le diagnostic énergétique — 10,4 % des diagnostics havrais enregistrés depuis juillet 2021 sont classés F ou G, contre 5,7 % à Nice.

Les autres villes, passées au même calcul

Une ville ne se juge pas à sa réputation mais au rapport entre son prix et son loyer. Voici ce que le filtre maison — 800 € de loyer mensuel hors charges par tranche de 100 000 € de coût total — donne ailleurs, dans les exemples pédagogiques de chaque guide.

  • Lyon Environ 400 € par tranche, la moitié du filtre — on y achète du patrimoine, pas du revenu.
  • Bordeaux 435 € par tranche, et les plafonds de l’arrêté préfectoral interdisent de rattraper l’écart par le loyer.
  • Montpellier Environ 385 € par tranche, sous un loyer plafonné : seul le prix d’achat peut la faire passer.
  • Nantes Environ 395 € par tranche au prix médian des ventes réelles.
  • Rennes Environ 330 € par tranche en location classique, 712 € en colocation.
  • Toulouse 300 à 410 € par tranche en deux-pièces, 756 € en colocation de quatre chambres — le plus près sans y être.
  • Strasbourg 300 à 340 € par tranche, mesurés sur des loyers hors charges d’observatoire local.
  • Lille 413 € par tranche en deux-pièces, 694 € pour une maison de ville dans la couronne.
  • Marseille 729 € par tranche au prix affiché, 839 € au prix négocié : le filtre passe, à condition de négocier.
  • Grasse Environ 430 € par tranche, contre 360 € à Nice — moins cher à l’achat, moins cher à la location.
  • Nîmes La moins chère de la série : elle ne passe qu’au prix négocié, en meublé, sur un grand logement.
  • Perpignan 526 € par tranche pour un deux-pièces rénové, mais 14,6 % de logements vacants et 36,2 % de taux de pauvreté.
  • Saint-Étienne 812 € par tranche, le seuil franchi de douze euros — et tout tient au loyer meublé retenu.
  • Paris 409 € par tranche, sous un loyer plafonné par arrêté : il faudrait acheter à 6 042 € le mètre carré, soit 5,7 % des ventes.
  • Aix-en-Provence 319 € par tranche, la plus basse de la série — et même la colocation plafonne à 517 €.
  • Grenoble 444 € par tranche, loyer plafonné par arrêté préfectoral, colocation comprise.
  • Rouen 500 € par tranche, 808 € en colocation rive gauche — et les loyers n’y sont pas encadrés, contrairement à ce qu’on lit.
  • Tours 615 € par tranche en colocation, 372 € loué entier : la demande étudiante est déjà dans le prix.
  • Nancy 504 € par tranche, prix bas mais loyers plus bas encore ; seule la colocation en périphérie passe.
  • Metz 748 € par tranche en colocation meublée, sur des prix d’annonces — la Moselle est hors du fichier public des ventes.
  • Toulon 488 € par tranche, la moins chère des grandes villes de PACA, encore loin du compte.
  • Reims 439 € par tranche : les quarante-cinq minutes de Paris sont déjà payées dans le prix.
  • Angers 421 € par tranche — la réputation des classements payée d’avance, le loyer resté celui d’une ville moyenne.
  • Dijon 264 € par tranche dans le secteur sauvegardé, 336 € juste à côté : la protection se paie deux fois.
  • Caen 350 € par tranche : sur un parc reconstruit, la rénovation énergétique efface l’avantage de prix.
  • Clermont-Ferrand 492 € par tranche, un prix modéré mais deux fois trop élevé pour les loyers observés.

Deux guides comparent ces marchés côte à côte : où investir dans le sud de la France et où investir sur la Côte d’Azur.

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