Une précision d’abord. ORELLIA accompagne un projet partout en France, mais notre siège est à Nice et nous n’avons ni agence ni équipe en Meurthe-et-Moselle. Ce que nous savons faire, c’est passer une ville au même filtre que toutes les autres, sur des sources publiques datées — y compris quand le résultat n’arrange personne.
Le marché nancéien : 2 262 € le mètre carré, et de vraies ventes pour le dire
Commençons par une bonne nouvelle méthodologique. Les trois départements du livre foncier — Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin — sont absents de la base publique des ventes immobilières, si bien qu’à Metz, Strasbourg ou Mulhouse on en est réduit aux baromètres d’annonces. La Meurthe-et-Moselle, elle, est couverte : nous avons vérifié le fichier lui-même, celui de Nancy existe quand ceux de Metz et de Strasbourg n’existent pas. Nancy se mesure donc sur des prix de vente réels, signés devant notaire, et non sur des prix demandés.
Sur la commune, 1 692 ventes d’appartements du millésime 2025 ressortent à une médiane de 2 262 € le mètre carré, la moitié centrale du marché tenant entre 1 872 et 2 660 €, avec un premier décile à 1 551 €. Le millésime 2024 donnait 2 286 € sur 1 547 ventes : − 1,0 % d’une année sur l’autre. Un relevé commercial dit la même chose — efficity, indice de septembre 2026, situe l’appartement ancien nancéien à 2 290 € le mètre carré, sans garantie.
Par typologie, nos médianes 2025 sur les ventes réelles : 2 517 € le mètre carré pour un une-pièce (405 ventes), 2 264 € pour un deux-pièces (477), 2 158 € pour un trois-pièces (448) et 2 143 € pour un quatre-pièces (227). La petite surface se paie plus cher au mètre carré : c’est la signature d’une ville où le studio se vend à l’investisseur.
Les quartiers, en une ligne chacun
Les prix ci-dessous sont les nôtres : chaque vente géolocalisée de 2025 a été rattachée aux contours officiels des quartiers INSEE, puis ramenée à une médiane. Le nombre de ventes est indiqué, parce qu’une médiane sur dix transactions ne vaut pas une médiane sur deux cent cinquante.
- Léopold – Ville-Vieille, 2 618 €/m² (90 ventes). La place Stanislas, la Pépinière, le bâti classé : le plus cher, le plus demandé, et celui où le calcul locatif est le plus mauvais.
- Stanislas – Meurthe, 2 509 €/m² (128) et Saint-Fiacre – Trois-Maisons, 2 412 €/m² (163). Le centre commerçant et le faubourg nord : du bâti ancien à trier un par un, une demande étudiante large.
- Poincaré – Foch – Anatole France, 2 388 €/m² (240). Le secteur de la gare, de la rue Saint-Léon et de la Villa Majorelle : le cœur de l’Art nouveau, des immeubles qui séduisent et des ravalements qui coûtent.
- Mon Désert – Jeanne d’Arc, 2 254 €/m² (230) et Centre-Ville – Charles III, 2 198 €/m² (260). Les deux quartiers les plus actifs en volume — c’est là qu’on trouve le plus d’occasions, et le plus de concurrence.
- Saint-Pierre – René II – Bonsecours, 2 148 €/m² (175). Périmètre d’une opération d’amélioration de l’habitat portée par la métropole : les aides existent parce que le bâti en a besoin.
- Haussonville – Blandan – Donop, 2 056 €/m² (109) et Saurupt – Clemenceau, 2 036 €/m² (105). Le sud résidentiel : familles, grandes surfaces, copropriétés d’après-guerre.
- Beauregard – Boufflers – Buthégnémont, 1 661 €/m² (60). Le moins cher de la ville, et le seul où le prix d’achat seul approche nos plafonds — sans les atteindre.
- Haut-du-Lièvre – Gentilly, sur le plateau de Haye : neuf ventes dans l’année. Neuf. Un secteur à dominante de logement social où le marché privé n’existe presque pas : on n’y achète pas un bien, on y prend un risque de revente.
- Vandœuvre-lès-Nancy, 1 727 €/m² (263). Hors commune, mais dans l’agglomération, avec 14 819 étudiants sur son territoire. C’est la seule adresse de ce guide où le calcul se retourne : nous y revenons plus bas.
Les loyers : deux mesures, et une seule qui compte
Nancy a la chance rare d’avoir un observatoire local des loyers agréé. Sa campagne 2024, publiée le 9 janvier 2026, repose sur 7 997 logements enquêtés représentant 44 769 logements du parc locatif privé, et surtout elle publie des loyers hors charges — la seule base honnête, puisque les charges ne vous reviennent pas. Dans Nancy même :
- Une pièce : 13,8 €/m², soit 380 € par mois pour 28 m² de surface moyenne. Le quart supérieur du marché atteint 15,7 €/m².
- Deux pièces : 11,2 €/m², soit 481 € par mois pour 45 m².
- Trois pièces : 9,7 €/m², soit 640 € par mois pour 66 m².
- Quatre pièces et plus : 8,7 €/m², soit 782 € par mois pour 92 m².
La seconde mesure est la carte des loyers de l’ANIL et du ministère chargé du logement, jeu 2025 : 12,15 €/m² tous appartements à Nancy, 14,11 €/m² sur les une et deux-pièces, 10,99 €/m² au-delà. Elle ne mesure pas la même chose, et il faut le savoir avant de s’en servir : ce sont des loyers d’annonce charges comprises, prédits pour un logement de référence non meublé proposé au troisième trimestre 2025. Autrement dit un loyer demandé, pas un loyer perçu, et un chiffre qui contient les charges. Nous nous servons donc de l’observatoire dans tous les calculs de cette page. La carte ANIL sert à comparer les territoires : 12,15 €/m² à Nancy, 13,38 €/m² à Metz, 20,43 €/m² à Nice.
La règle des 800 € à Nancy : le plafond de prix qu’elle impose
Notre filtre ne bouge pas d’une ville à l’autre : un bien n’est retenu que s’il rapporte au moins 800 € de loyer mensuel hors charges par tranche de 100 000 € investis, calculés sur le coût total — prix négocié, frais de notaire, travaux, meubles — et jamais sur le prix de l’annonce. Posé à l’envers, il donne un coût total maximum au mètre carré : le loyer mensuel au mètre carré, multiplié par 125.
| Nancy, par typologie | Studio | 2 pièces | 3 pièces | 4 pièces et + |
|---|---|---|---|---|
| Loyer médian hors charges (observatoire 2024) | 13,8 €/m² | 11,2 €/m² | 9,7 €/m² | 8,7 €/m² |
| Coût total maximum pour passer les 800 € | 1 725 €/m² | 1 400 €/m² | 1 212 €/m² | 1 088 €/m² |
| Prix médian des ventes 2025 (avant tout frais) | 2 517 €/m² | 2 264 €/m² | 2 158 €/m² | 2 143 €/m² |
| Écart, sur le prix seul | + 46 % | + 62 % | + 78 % | + 97 % |
Le tableau se lit en une phrase : à Nancy, le prix d’achat médian dépasse déjà de moitié à presque du double le coût total que notre règle autorise — avant le premier euro de notaire, de travaux ou de meubles. Sur les 405 ventes de une-pièce de 2025, 7,2 % seulement sont passées sous 1 725 € le mètre carré. Et une fois ajoutés 14 000 € de travaux et de meubles sur un 28 m², le prix d’achat maximum tombe à environ 1 140 € le mètre carré : une seule vente sur les 405 de l’année.
Sur le prix affiché
494 €
Un deux-pièces de 45 m² au prix médian de sa typologie, 102 000 €, loué 504 € hors charges.
Au coût total
398 €
Avec 7 650 € de notaire, 12 000 € de travaux et 5 000 € de meubles : 126 650 €.
Exemple pédagogique, au loyer médian de l’observatoire 2024. Ni l’une ni l’autre des deux colonnes n’approche les 800 € : à Nancy, le débat sur la base de calcul ne change pas le verdict, il l’aggrave.
La demande locative : nombreuse, jeune, et qui déménage
Le côté encourageant d’abord, et il est réel. 30 570 étudiants étaient inscrits dans la commune à la rentrée 2024 d’après l’atlas du ministère de l’Enseignement supérieur, pour 103 671 habitants : près de trois habitants sur dix. Parmi les quarante communes qui comptent le plus d’étudiants, seules trois villes-centres font mieux — Caen, Rennes et Poitiers —, le reste du classement étant occupé par des communes de campus et de banlieue parisienne. L’unité urbaine en compte 51 024, dont 14 819 à Vandœuvre-lès-Nancy et 3 320 à Villers-lès-Nancy. Et le parc suit : 69,9 % des ménages nancéiens sont locataires, 61,8 % vivent seuls, et 42,9 % des résidences principales sont des une ou deux-pièces (INSEE, recensement 2023).
Le côté qui doit vous retenir vient des mêmes sources. La population baisse : 103 671 habitants en 2023 contre 105 067 en 2012. Les effectifs étudiants aussi — 33 765 à la rentrée 2020, 30 570 en 2024, soit près de dix pour cent en quatre ans. Le bassin lorrain reste fragile : 14,5 % de chômage chez les 15-64 ans, un taux de pauvreté de 23,9 %, un niveau de vie médian de 24 610 €. Et 8 781 logements sont vacants sur 73 117, soit 12,0 % du parc : un logement sur huit.
Reste la question que tout investisseur pose dans une ville étudiante : le logement reste-t-il vide l’été ? Aucune statistique publique ne mesure la vacance saisonnière, et nous n’en inventerons pas. Ce qui est mesuré, c’est la rotation : dans la ville-centre, 45,6 % des locataires du parc privé étaient en place depuis moins d’un an lors de l’enquête 2024 de l’observatoire. Près d’un bail sur deux a moins de douze mois. Dans une ville dont le calendrier des départs est universitaire, cela signifie une relocation à préparer chaque été, et un mois de battement qui coûte plus cher que la vacance de 5 % retenue par notre méthode. Nancy n’étant pas en zone tendue — aucune commune de Meurthe-et-Moselle ne figure dans la liste du décret du 10 mai 2013 modifiée le 25 août 2023 —, aucun encadrement des loyers ne s’y applique ; en échange, rien ne vous protège d’un marché où l’offre est abondante.
Un exemple chiffré, de l’annonce au cash flow
Posons le cas le plus courant, entièrement construit pour l’exercice — ce n’est pas un dossier réel, la maison n’en publie aucun. Un studio de 28 m² dans le centre, à rénover et à meubler pour le louer à un étudiant.
D’abord, le coût total
Loyer retenu : 450 € hors charges en meublé. Le repère de l’observatoire pour un une-pièce nancéien est de 380 € par mois à la médiane et d’environ 440 € au troisième quartile, pour un logement non meublé. Notre hypothèse dépasse donc la médiane de près de 18 % : c’est une hypothèse de l’exercice, qui suppose une rénovation complète, pas une promesse.
Le filtre, d’abord : 450 € de loyer pour 89 250 € investis, cela fait 504 € par tranche de 100 000 €. Il manque 296 €, soit plus du tiers du seuil. Et l’hypothèse généreuse ne sauve rien : au loyer médian de l’observatoire, 386 € pour cette surface, le même bien retombe à 432 € par tranche.
Le financement, ensuite. Avec 12 000 € d’apport, il reste 77 250 € à emprunter ; sur vingt ans à 3,15 % — une hypothèse —, la mensualité ressort à 434 €, plus 22 € d’assurance emprunteur.
Ensuite, une année de location
Soit environ − 238 € par mois. Et si le studio reste vide deux mois entre deux étudiants, comme la rotation nancéienne y invite, l’effort mensuel passe à environ − 287 €.
Ce résultat n’est pas une erreur de calcul : c’est l’arithmétique d’une ville où le prix est bas et le loyer plus bas encore. Ramenées à 100 000 € investis, les charges annuelles hors crédit, hors vacance et hors gestion ressortent ici à environ 2 410 € — l’électricien, le lit, le comptable et la taxe foncière coûtent la même chose qu’ailleurs. La mécanique est détaillée dans notre guide du cash flow, et la différence entre les rendements affichés et le vôtre dans rendement brut, rendement net.
Le seul montage qui passe : la colocation, et pas dans Nancy
Chiffrons-le, plutôt que de l’évoquer. Franchir les 800 € suppose un loyer au mètre carré très supérieur au marché — donc la location à la chambre — et un prix d’achat que Nancy ne propose plus. Vandœuvre-lès-Nancy le propose : médiane 2025 à 1 727 € le mètre carré, et sur les quatre-pièces et plus, 28,8 % des ventes de l’année à 1 222 € le mètre carré ou moins, contre 6,6 % à Nancy. Avec 14 819 étudiants sur place.
Une colocation de quatre chambres à Vandœuvre-lès-Nancy
Exemple pédagogique. Le seuil est franchi, et le cash flow reste négatif d’environ 14 € par mois. Ce loyer de 1 360 € pour 90 m² vaut 15,1 € le mètre carré, soit 80 % au-dessus du loyer médian d’un quatre-pièces de la périphérie nancéienne (8,4 €/m² hors charges, observatoire 2024) : c’est la prime de la colocation, et c’est une hypothèse à vérifier avant l’offre, pas un acquis.
Autrement dit : Nancy ne passe pas, sa périphérie passe de justesse, et à trois conditions cumulées — acheter dans le quart bas du marché, mener une rénovation lourde qui crée les chambres, et tenir quatre baux étudiants au lieu d’un. La mécanique complète de ce montage est décrite dans notre guide de la colocation, et le chiffrage des travaux dans celui de l’investissement locatif avec travaux.
Les pièges propres à Nancy
- Le prix bas ne fait pas baisser le loyer plancher. Un studio nancéien se loue 380 € par mois à la médiane. Ce n’est pas un problème de négociation : c’est le niveau du marché, mesuré sur de vrais baux par l’observatoire agréé de l’agglomération.
- Un logement sur huit est vide. 8 781 logements vacants sur 73 117 au recensement 2023, soit 12,0 %. C’est votre concurrence à chaque relocation, et Nancy n’est pas en zone tendue.
- L’Art nouveau se paie deux fois. Le secteur Poincaré – Foch – Anatole France, celui de la Villa Majorelle, ressort à 2 388 € le mètre carré : beau bâti, façades protégées, et des travaux de copropriété que le carnet d’entretien annonce — à lire avant l’offre.
- Le plateau de Haye n’est pas un marché. Neuf ventes d’appartement dans l’année sur le secteur Haut-du-Lièvre – Gentilly. Un prix d’entrée bas n’a aucune valeur si personne n’achète à la sortie.
- La taxe foncière a bougé. La Ville de Nancy écrit que son taux communal est passé à 33,98 %, contre 29,68 % l’année précédente. Nous n’avons pas trouvé de publication officielle des taux 2025 et 2026 : demandez l’avis d’imposition du vendeur avant de signer, il vaut tous les baromètres.
- Le permis de louer existe dans l’agglomération, pas à Nancy. La métropole le signale sur un petit périmètre du centre de Saint-Max depuis le 12 septembre 2022. Un conseil municipal peut l’instaurer d’une année sur l’autre : un appel en mairie avant chaque mise en location suffit à le vérifier.
- Le meublé de tourisme se déclare. La Métropole du Grand Nancy impose une déclaration en mairie, et y annonce le numéro d’enregistrement national pour le dernier trimestre 2026. À 12 % de vacance, un projet qui ne tient ses chiffres qu’en courte durée ne tient pas.
Faire le calcul sur votre projet nancéien
ORELLIA est une société de conseil et de coordination. Elle ne vend ni bien, ni crédit, ni montage : chaque métier est exercé par un professionnel indépendant qui contracte directement avec vous, et votre argent ne transite jamais par nous. Notre siège est à Nice ; nous n’avons ni agence, ni équipe en Meurthe-et-Moselle — et nous n’en avons pas besoin. La recherche du bien revient à un agent immobilier titulaire de la carte professionnelle, que vous mandatez et qui travaille sur le terrain nancéien ; le dossier bancaire revient au courtier. Nous posons la cible, écrivons le mandat de recherche, passons chaque bien proposé au calcul de cette page et remettons un avis écrit — y compris pour dire non, ce qui, à Nancy, sera souvent la réponse. Le premier appel avec l’équipe dure trente minutes et il est gratuit ; le rendez-vous stratégie est tenu par Axel Orel en personne ; nous prenons dix dossiers à la fois, pas plus. Le parcours complet est décrit dans notre méthode, et notre guide du premier investissement locatif en donne la version longue.
L’outil de la maison
Le simulateur de rentabilité ORELLIA
Entrez un prix nancéien, des travaux, un loyer : il pose le calcul complet — coût total, cash flow mensuel, règle des 800 € par tranche de 100 000 € — et rend son verdict. Gratuit, sans inscription.
Ouvrir le simulateurEt si vous préférez poser vos chiffres avec quelqu’un, le premier appel dure trente minutes, il est gratuit, et il sert exactement à ça — y compris pour vous dire qu’un studio nancéien à 2 500 € le mètre carré, si bien placé soit-il, ne fera pas un bon premier dossier.