Une précision d’abord. ORELLIA accompagne un projet partout en France, mais notre siège est à Nice et nous n’avons ni agence ni équipe dans la Loire. Ce que nous savons faire, c’est passer une ville au même filtre que toutes les autres, sur des sources publiques datées — y compris quand le résultat n’arrange personne.
Le marché stéphanois : 1 195 € le mètre carré, et presque rien qui bouge
Nous avons lu directement la base publique des ventes immobilières — les « demandes de valeurs foncières » publiées par la direction générale des finances publiques, qui recensent les transactions réelles passées devant notaire. Sur la commune de Saint-Étienne, 2 375 ventes d’appartements du millésime 2025 ressortent à une médiane de 1 195 € le mètre carré, avec la moitié centrale du marché entre 943 et 1 507 €, et un premier décile à 763 €. Le millésime 2024 donnait 1 186 € sur 2 246 ventes : + 0,8 % d’une année sur l’autre.
Un second relevé, commercial, dit la même chose : efficity, indice d’août 2026, situe l’appartement stéphanois à 1 210 € le mètre carré et son évolution à + 0,4 % sur douze mois — sans garantie. Par typologie, nos médianes 2025 sur les ventes réelles : 1 423 € le mètre carré pour un studio, 1 210 € pour un deux-pièces, 1 159 € pour un trois-pièces.
Ce qui explique ce niveau tient en trois faits du recensement INSEE 2023 : 173 136 habitants — un nombre qui remonte lentement, 171 483 en 2012 —, 19,0 % de chômage chez les 15-64 ans, et 12 175 logements vacants sur 101 341 — soit 12,0 % du parc. Un logement sur huit est vide. Une ville où l’offre excède la demande solvable ne fabrique pas de hausse de prix : elle fabrique du rendement affiché.
Les loyers : ce que dit l’ANIL, et ce qu’il faut en retirer
La seule source publique de loyers pour Saint-Étienne est la « carte des loyers » de l’ANIL et du ministère chargé du logement, jeu 2025. Aucun observatoire local des loyers agréé ne couvre l’agglomération stéphanoise : nous avons vérifié les dix-neuf observatoires du jeu 2025, aucun n’est dans la Loire. Les chiffres, pour la commune :
- 9,88 €/m² pour l’ensemble des appartements ;
- 11,44 €/m² pour les logements d’une ou deux pièces ;
- 9,06 €/m² pour les trois pièces et plus.
Deux avertissements, et ils comptent. Le premier : cet indicateur est charges comprises, alors que notre règle des 800 € se calcule sur le loyer hors charges, le seul qui vous revienne. Nous en retirons environ 10 % dans tous les calculs de cette page, ce qui donne des repères hors charges d’environ 8,9 €/m² tous appartements, 10,3 €/m² sur les petites surfaces et 8,2 €/m² au-delà. Le second : c’est une prédiction de loyer d’annonce, pas un loyer constaté bail par bail, et elle décrit un bien de référence non meublé de 37 m² pour les petites surfaces, de 72 m² au-delà : un ordre de grandeur, pas une vérification.
Pour l’échelle : la même source donne 20,43 €/m² à Nice. Saint-Étienne s’achète environ quatre fois moins cher et se loue environ deux fois moins cher. C’est tout le sujet de la section suivante.
La règle des 800 € à Saint-Étienne : où elle passe, où elle casse
Notre filtre est simple et il ne bouge pas d’une ville à l’autre : un bien n’est retenu que s’il rapporte au moins 800 € de loyer mensuel hors charges par tranche de 100 000 € investis, calculés sur le coût total — prix négocié, frais de notaire, travaux, meubles — et jamais sur le prix de l’annonce.
Posé à l’envers, ce filtre donne un prix maximum au mètre carré. Avec les loyers hors charges ci-dessus, il faut rester sous 1 287 € le mètre carré de coût total pour un une ou deux-pièces, et sous 1 019 € pour un trois-pièces ou plus. Le verdict tient donc en une phrase : Saint-Étienne passe la règle des 800 € — à condition d’acheter en bas de marché, et de ne pas laisser les travaux effacer l’avantage.
Le mécanisme se voit mieux sur un cas. Prenons un deux-pièces de 45 m² acheté au prix médian de sa typologie, 1 210 € le mètre carré, soit 54 450 €, et loué au repère ANIL — 11,44 €/m² charges comprises sur 45 m², moins 10 % : 463 € hors charges.
Sur le prix affiché
850 €
463 € de loyer pour 54 450 €. Le seuil est franchi.
Au coût total
613 €
Avec 4 084 € de notaire, 12 000 € de travaux et 5 000 € de meubles : 75 534 €.
Exemple pédagogique. Même bien, même loyer : 237 € d’écart par tranche de 100 000 € selon la base de calcul. C’est pour cela que nous ne calculons jamais sur le prix de l’annonce.
La conclusion est donc double. Oui, Saint-Étienne franchit le seuil là où les grandes villes chères ne le franchissent pas. Non, cela ne suffit pas — et le calcul est sévère, parce que ce plafond de 1 019 € porte sur le coût total, pas sur le prix. À 943 € le mètre carré, le premier quart des ventes 2025, les seuls frais de notaire le portent déjà à 1 014 €, avant le premier euro de travaux. Comptez 18 000 € de travaux et de meubles sur un 62 m², soit 290 € le mètre carré, et le prix d’achat maximum tombe à 678 € le mètre carré — un niveau atteint par 7 % des ventes de trois-pièces et plus en 2025. Sur les petites surfaces, le même calcul laisse un peu d’air : 846 € le mètre carré de prix d’achat, soit 15 % des ventes de une et deux pièces. Autrement dit : au loyer relevé par l’ANIL, le filtre ne passe qu’en bas de marché — c’est-à-dire, le plus souvent, dans les quartiers en renouvellement urbain. Partout ailleurs, il faut aller chercher un loyer supérieur au repère : meublé, ou location à la chambre.
Les quartiers, en une ligne chacun
Repères tous biens confondus, baromètre efficity d’août 2026, sans garantie. Le même baromètre va de 900 € le mètre carré à Montreynaud à 2 340 € à Saint Victor : à Saint-Étienne, « le prix moyen » ne veut presque rien dire.
- Hyper Centre – Vieille Ville, 1 330 €/m². Commerces, tramway, la demande la plus large : jeunes actifs et étudiants, dans des immeubles anciens à trier un par un.
- Châteaucreux, 1 270 €/m². Le quartier d’affaires autour de la gare TGV, remodelé par l’EPASE : cadres en mobilité, baux courts, du neuf et du récent.
- Bergson – La Terrasse et Fauriel, 1 390 et 1 320 €/m². Les deux visages résidentiels de la ville, familles et lycéens : des locataires solides, des prix qui font rarement passer le filtre.
- Jacquard, 1 250 €/m². Centre ancien en requalification par l’EPASE : du beau bâti, des copropriétés fragiles, un tri sévère à faire avant l’offre.
- Crêt de Roc, 1 240 €/m². La colline au-dessus de la gare, ancienne et pentue : des maisons de ville qui séduisent, des travaux qui surprennent.
- La Métare – Le Portail Rouge, 1 090 €/m². Le secteur du campus scientifique : demande étudiante réelle, petites surfaces, mais une vie de quartier dépendante du calendrier universitaire.
- Tarentaize-Beaubrun et Montreynaud, 1 000 et 900 €/m². Les prix qui font passer le calcul, et les périmètres de l’opération d’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain portée par la métropole. Ce n’est pas là que nous chercherions un premier bien.
La demande locative : abondante, et fragile
Le côté encourageant d’abord. 59,3 % des ménages stéphanois sont locataires (INSEE, 2023) — près de six sur dix, contre 49,7 % à Nice. La commune compte 84 154 emplois (INSEE, 2023) et 22 824 étudiants inscrits à la rentrée 2024 d’après l’atlas du ministère de l’Enseignement supérieur ; l’université Jean Monnet revendique de son côté 20 000 étudiants et 2 500 internationaux. Une ville de cette taille avec cette proportion de locataires ne manque pas de candidats.
Le côté qui doit vous retenir, ensuite, et il vient du même recensement : 19,0 % de chômage chez les 15-64 ans, un taux de pauvreté de 30,4 %, un revenu médian disponible de 20 880 € par unité de consommation. La demande existe ; sa solvabilité est le vrai sujet, et elle se traite dossier par dossier, jamais avec une moyenne.
Deux nuances. Les effectifs étudiants de la commune plafonnent : 24 705 en 2021, 22 824 en 2024. Et Saint-Étienne n’est pas classée en zone tendue par le décret du 22 décembre 2025 qui met à jour la liste de 2013 — contrairement à Nice ou Lyon. Aucun encadrement des loyers, donc, et aucun plafonnement de la réévaluation entre deux locataires ; en échange, le marché ne vous protège de rien.
Un exemple chiffré, de l’annonce au cash flow
Posons un cas entièrement construit pour l’exercice — ce n’est pas un dossier réel, la maison n’en publie aucun —, mais chaque ligne suit notre méthode. Un trois-pièces de 62 m² dans un secteur qui n’est ni le plus cher ni un périmètre de renouvellement urbain, affiché 58 000 €, en état d’usage correct.
D’abord, le coût total
Loyer retenu : 600 € hors charges en meublé. Le repère ANIL pour un trois-pièces stéphanois est de 9,06 €/m² charges comprises, pour un bien de référence non meublé : soit 562 € pour 62 m², et environ 506 € une fois les charges retirées. Notre hypothèse dépasse donc le repère public de près de 20 %. Elle suppose une rénovation complète et un ameublement : c’est une hypothèse de l’exercice, pas une promesse.
Le filtre, d’abord : 600 € de loyer pour 73 900 € investis, cela fait 812 € par tranche de 100 000 €. Le seuil est franchi — de douze euros. Et il faut voir exactement à quoi il tient. Ce coût total revient à 1 192 € le mètre carré, soit très au-dessus du plafond de 1 019 € calculé plus haut : si ce dossier passe, c’est uniquement grâce au loyer meublé retenu. Au repère ANIL hors charges, environ 506 €, le même bien retombe à 685 € par tranche et ne passe plus. Tout tient donc à une chose, à vérifier annonce par annonce avant l’offre : la capacité à louer meublé au-dessus du repère public.
Le financement, ensuite. Avec 10 000 € d’apport, il reste 63 900 € à emprunter ; sur vingt ans à 3,15 % — une hypothèse —, la mensualité ressort à 359 €, plus 18 € d’assurance emprunteur.
Ensuite, une année de location
Soit environ − 44 € par mois. Un dossier qui franchit notre filtre et qui coûte quand même de l’argent chaque mois.
Ce résultat n’est pas une erreur de calcul, c’est le cœur du sujet stéphanois. Le prix bas fait baisser le prix — et rien d’autre. L’électricien, le lit et le comptable coûtent le même prix qu’ailleurs, et la taxe foncière, assise sur la valeur locative cadastrale, ne suit pas le marché à la baisse. Ramenées à 100 000 € investis, les charges annuelles hors crédit, hors vacance et hors gestion de cet exemple ressortent à environ 3 190 € — contre environ 1 540 € dans notre exemple pédagogique de colocation niçoise. Deux fois plus, pour le même euro investi.
Ce qui remonterait ce dossier au-dessus de zéro tient en trois leviers, et aucun n’est magique : acheter encore moins cher, ce qui ramène aux quartiers dont nous venons de parler ; contenir les travaux, ce qui suppose un artisan au moment de la visite ; ou louer à la chambre, pour aller chercher un loyer supérieur au mètre carré. La mécanique complète est détaillée dans notre guide du cash flow, et la question des travaux dans celui de l’investissement locatif avec travaux.
Les pièges propres à Saint-Étienne
- Un logement sur huit est vide. 12 175 logements vacants sur 101 341 au recensement 2023, soit 12,0 %. C’est votre concurrence à chaque relocation : un bien mal placé, mal isolé ou mal fini ne se loue pas moins cher, il ne se loue pas.
- Le rendement affiché n’est pas le vôtre. Le seul chiffre qui compte se calcule sur le coût total, et l’écart avec le prix affiché atteint ici plus de deux cents euros par tranche de 100 000 €. Notre guide rendement brut, rendement net détaille les définitions.
- La revente n’est pas un plan. + 0,8 % de prix médian entre 2024 et 2025 sur les ventes réelles : le marché est stable, pas porteur. L’opération doit tenir sur le loyer seul, sans espérer la plus-value.
- Les copropriétés du centre ancien. La métropole conduit une opération d’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain sur Tarentaize-Beaubrun-Couriot et Saint-Roch, et annonce 90 millions d’euros pour l’habitat. Les aides existent parce que le bâti est fragile : carnet d’entretien, procès-verbaux et fonds de travaux se lisent avant l’offre.
- La solvabilité avant le loyer. 30,4 % de taux de pauvreté et 19,0 % de chômage (INSEE, 2023) : le dossier du locataire et la garantie pèsent ici plus lourd que vingt euros de loyer en plus.
- Vérifiez le permis de louer avant chaque bail. Nous n’avons pas trouvé de délibération publique l’instaurant sur la commune à la date de cette page, mais le dispositif — loi ALUR du 24 mars 2014, loi « habitat dégradé » du 9 avril 2024 — se décide commune par commune et peut apparaître d’une année sur l’autre. L’amende atteint 5 000 €, et 15 000 € en cas de récidive : un appel en mairie suffit.
- Le meublé de tourisme se déclare. La Ville impose une déclaration préalable pour tout meublé de tourisme ou chambre d’hôtes — elle renvoie aux articles R. 324-1-2 et R. 324-16 du code du tourisme, et l’omission est punie d’une amende de troisième classe. Et à 12 % de vacance, un projet qui ne tient ses chiffres qu’en courte durée ne tient pas.
Comment ORELLIA accompagne un projet stéphanois
ORELLIA est une société de conseil et de coordination. Elle ne vend ni bien, ni crédit, ni montage : chaque métier est exercé par un professionnel indépendant qui contracte directement avec vous, et votre argent ne transite jamais par nous. Notre siège est à Nice ; nous n’avons ni agence, ni équipe à Saint-Étienne — et nous n’en avons pas besoin. La recherche du bien revient à un agent immobilier titulaire de la carte professionnelle, que vous mandatez et qui travaille sur le terrain stéphanois ; le réseau auquel nous faisons appel est national. Le dossier bancaire revient au courtier, dont le réseau couvre lui aussi la France entière.
Ce que nous faisons, c’est le reste : nous posons la cible, nous écrivons le mandat de recherche que l’agent recevra, nous passons chaque bien proposé au calcul de cette page, et nous vous remettons un avis écrit sous cinq jours — y compris pour dire non, ce qui, dans une ville à 12 % de vacance, arrive souvent. Le premier appel avec l’équipe dure trente minutes et il est gratuit ; le rendez-vous stratégie est tenu par Axel Orel en personne ; nous prenons dix dossiers à la fois, pas plus. Le parcours complet, en treize étapes, est décrit dans notre méthode, et notre guide du premier investissement locatif en donne la version longue.
Faites le calcul sur votre projet
Quelle que soit la ville, la mécanique est la même : coût total, loyer hors charges, filtre des 800 €, cash flow mensuel — notre guide sur 100 000 € investis l’applique sans supposer une ville.
L’outil de la maison
Le simulateur de rentabilité ORELLIA
Entrez un prix stéphanois, des travaux, un loyer : il pose le calcul complet — coût total, cash flow mensuel, règle des 800 € par tranche de 100 000 € — et rend son verdict. Gratuit, sans inscription.
Ouvrir le simulateurEt si vous préférez poser vos chiffres avec quelqu’un, le premier appel dure trente minutes, il est gratuit, et il sert exactement à ça — y compris pour vous dire qu’un immeuble à 900 € le mètre carré, si tentant soit-il, ne fera pas un bon premier dossier.