Aller au contenu

Conseils · Ville par ville

Faut-il investir à Marseille ? La réponse honnête, chiffres en main.

La réponse en brefMis à jour en septembre 2026

Marseille achète beaucoup moins cher que Nice : environ 3 300 € le mètre carré contre 4 500 à 5 500 €, pour des loyers inférieurs d’un cinquième seulement. Le rapport prix-loyer lui est donc plus favorable. En échange, elle demande une sélection sévère : d’un immeuble à l’autre, dans la même rue, le risque change du tout au tout.

Les prix et les loyers marseillais aux sources publiques, ce que « Marseille » veut dire selon l’arrondissement, les risques que personne ne devrait ignorer, les atouts réels, un exemple chiffré au coût total — et la comparaison avec Nice, sur les mêmes chiffres.

Une précision avant tout le reste, parce qu’elle change la lecture de cette page : ORELLIA ne cherche pas de biens à Marseille. Notre terrain, c’est Nice et la Côte d’Azur, et nos partenaires y travaillent. Cette page existe parce que la question nous est posée régulièrement et qu’elle mérite mieux qu’un haussement d’épaules : voici ce que les sources publiques disent de Marseille, y compris quand elles disent des choses qui n’arrangent pas notre commerce.

Marseille en chiffres : le marché aux sources publiques

Commençons par le prix. À l’été 2026, les baromètres publics situent l’appartement ancien marseillais autour de 3 300 € le mètre carré en moyenne — 3 330 € d’après l’indice efficity d’août 2026, en hausse de 2,6 % sur douze mois ; 3 295 € d’après Qoridor, qui calcule sur 7 825 ventes d’appartements réellement signées et enregistrées par les notaires (base DVF) au 1er septembre 2026. Deux méthodes différentes, un même ordre de grandeur, sans garantie.

Ce chiffre unique cache pourtant l’essentiel. La même source DVF relève 2 048 € le mètre carré à Sainte-Marthe, dans le 14e, et 9 330 € au Roucas-Blanc, dans le 7e. Un rapport de un à quatre à l’intérieur d’une seule commune : à Marseille, la moyenne ne décrit personne.

Côté loyers, la référence publique est la « Carte des loyers » de l’ANIL et du ministère chargé du logement, publiée le 11 décembre 2025 sur data.gouv.fr — des loyers d’annonce, charges comprises, prédits pour un logement type du parc privé. Marseille y est découpée par arrondissement, ce qui tombe bien.

Tous appartements

14,3 à 18,4 €/m²

Du 14e au 7e — charges comprises, ANIL 2025.

Studios et deux-pièces

16,2 à 20,6 €/m²

Du 15e au 7e — charges comprises, ANIL 2025.

Une précision qui compte : cet indicateur est charges comprises, alors que notre filtre des 800 € se calcule hors charges. Comptez quelques euros du mètre carré en moins avant de comparer.

La demande locative, enfin, est massive. Le recensement INSEE 2023 dénombre 886 040 habitants et 470 983 logements, dont 88,9 % de résidences principales ; 229 227 ménages y sont locataires, soit 54,7 % des résidences principales. Marseille est une ville de locataires, et une ville qu’on habite à l’année : 3,5 % seulement de résidences secondaires, contre 13,8 % à Nice. Aix-Marseille Université annonce de son côté 84 000 étudiants, dont 12 000 internationaux, répartis entre Marseille et Aix.

Le rapport prix-loyer : ce qui attire vraiment

Posons le calcul de coin de table qui explique tout, construit pour l’exercice sur ces moyennes publiques, hors notaire et hors travaux. À Marseille, 100 000 € de prix affiché achètent environ 30 m² ; loués selon l’indicateur ANIL des studios et deux-pièces, cela donne de l’ordre de 490 à 620 € par mois, charges comprises. À Nice, où le mètre carré vaut 4 500 à 5 500 €, les mêmes 100 000 € achètent 18 à 22 m², loués environ 410 à 500 € par mois selon la même source.

L’écart est net, et il est réel. Il n’est pas suffisant. Notre filtre demande au moins 800 € de loyer mensuel, hors charges, par tranche de 100 000 € investis — et sur le coût total, pas sur le prix affiché. Ajoutez les 7,5 % de frais de notaire, les travaux, les meubles, et le compte s’éloigne encore. À prix moyen et loyer moyen, ni Marseille ni Nice ne passent. Marseille est simplement moins loin du compte : c’est une avance au départ, pas une rente.

Ce qui fait passer une opération, ici comme ailleurs, c’est l’achat : un prix négocié sur les ventes réellement signées, des travaux utiles chiffrés par devis avant l’offre, et une façon de louer choisie. Le raisonnement complet est dans notre guide de la rentabilité locative, et son application à un marché cher dans celui du cash flow à Nice.

Ce que « Marseille » veut dire, selon l’endroit

Parler d’investir « à Marseille » a à peu près autant de sens que de parler d’investir « en Île-de-France ». Trois grandes familles se distinguent.

  • Le sud et le littoral : le patrimoine. Le 7e, le 8e, une partie du 6e et du 9e — Roucas-Blanc, Endoume, le Prado, Périer. Prix élevés, loyers les plus hauts de la ville (18,4 €/m² dans le 7e d’après l’ANIL), marché liquide. Le rapport prix-loyer y ressemble à celui de Nice : on y achète de la valeur, pas du rendement.
  • Le centre et l’est : la demande. Le 1er, le 4e, le 5e, le 6e, le 12e — Notre-Dame-du-Mont, Baille, la Timone, les Chartreux, Saint-Barnabé. Métro, tramway, facultés, hôpitaux : c’est là que la demande étudiante et jeune active se concentre, et là que le calcul peut passer. C’est aussi là que la qualité des immeubles varie le plus d’une rue à l’autre.
  • Le nord et les quartiers en mutation : le risque. Le 3e, le 13e, le 14e, le 15e, le 16e — les prix les plus bas de la commune, jusqu’à 2 048 € le mètre carré à Sainte-Marthe d’après les ventes notariées relevées par Qoridor, et des loyers qui tiennent (14,3 €/m² dans le 14e d’après l’ANIL). Sur le papier, le rendement y est le plus élevé. Dans les faits, c’est là que se concentrent l’habitat dégradé, les impayés et les difficultés de relocation. Un rendement affiché n’est pas un rendement encaissé.

Une règle simple s’impose donc : à Marseille, on n’achète pas une ville ni même un arrondissement, on achète un immeuble. Le procès-verbal des trois dernières assemblées générales, le montant du fonds de travaux et l’état des parties communes valent plus que n’importe quel classement de quartier.

Les risques qu’il serait malhonnête de taire

Ils sont documentés, publics, et ils expliquent une bonne partie de l’écart de prix avec les autres grandes villes du sud.

  • L’habitat indigne. La Ville de Marseille recense 87 copropriétés de plus de 80 logements dans un état jugé fragile à très dégradé, et réalise environ 2 300 interventions de contrôle par an après signalement. D’après Marsactu, le 11 mars 2026, 2 343 arrêtés de péril ont été pris entre novembre 2018 — l’effondrement de la rue d’Aubagne — et septembre 2025, et 3 498 ménages, soit 7 776 personnes, ont été évacués sur la période.
  • La copropriété, premier poste de mauvaise surprise. Un immeuble ancien sans fonds de travaux peut appeler un ravalement, une reprise de structure ou une mise aux normes d’ascenseur qui se comptent en dizaines de milliers d’euros par lot. Cela ne se devine pas : cela se lit, avant l’offre.
  • Le permis de louer. Trois quartiers marseillais — Noailles, Belle de Mai, Hoche Versailles Pelletan — sont soumis à l’autorisation préalable de mise en location instaurée par la Métropole Aix-Marseille-Provence depuis 2019. Il faut l’obtenir avant chaque nouvelle mise en location et à chaque changement de locataire — le renouvellement du bail en cours, lui, n’est pas concerné. Louer sans elle expose à une amende de 5 000 à 15 000 €.
  • La taxe foncière. Le conseil municipal a voté le 8 avril 2022 une hausse de 5,47 points de la part communale de la taxe foncière sur le bâti, soit + 14 % — France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur. C’est une ligne annuelle qui pèse sur le cash flow, et elle doit entrer dans le calcul avant l’achat, pas après le premier avis d’imposition.
  • La location saisonnière n’est pas la porte de sortie. Le règlement de changement d’usage, adopté en conseil municipal le 12 décembre 2024 et en conseil de la Métropole le 27 février 2025, s’applique depuis le 29 avril 2025 : transformer un logement marseillais en meublé de tourisme hors résidence principale suppose une autorisation assortie d’une compensation, dès le premier logement. La résidence principale, elle, est limitée à 90 jours de location touristique par an (Ville de Marseille). Un calcul qui ne tient que grâce aux touristes est un calcul fragile.

Ce que Marseille a réellement pour elle

L’inverse est vrai aussi, et il serait tout aussi malhonnête de le taire. La demande locative est structurelle, pas conjoncturelle : deuxième ville de France, une majorité de locataires, 84 000 étudiants dans l’université, des hôpitaux universitaires qui emploient et logent en continu. À 3,5 % de résidences secondaires, Marseille se loue toute l’année : pas de saison creuse, pas de trou de trésorerie l’hiver.

Les transports avancent, ce qui déplace lentement la carte des quartiers. L’extension du tramway T3 vers Capitaine Gèze au nord et La Gaye au sud est entrée en service le 7 janvier 2026, et la Métropole annonce la prochaine phase vers La Castellane pour 2029, pour environ quatorze kilomètres d’infrastructure nouvelle au total. Une ligne de tramway ne rend pas un immeuble sain, mais elle élargit durablement le vivier de locataires d’un secteur.

Enfin, le marché s’est détendu. Les prix marseillais reculent de 3,4 % sur deux ans d’après les ventes notariées relevées par Qoridor, et l’acheteur qui arrive avec un financement bouclé et des devis en main négocie réellement. C’est précisément là que se gagne une opération, comme nous le détaillons dans notre guide de l’investissement locatif avec travaux.

Un exemple chiffré, au coût total

Prenons un cas entièrement construit pour l’exercice — ce n’est pas un dossier réel, ORELLIA n’en publie aucun — mais chaque ligne suit notre méthode. Un cinq-pièces ancien de 95 m² à rafraîchir dans le 5e arrondissement, à quelques minutes du campus de la Timone et du métro, affiché 265 000 €. Le projet : quatre chambres louées séparément, meublées. Les annonces publiques des portails de colocation situaient la chambre marseillaise entre 500 et 800 € par mois début septembre 2026 ; retenons 600 € hors charges, dans le haut de la fourchette, parce que le bien sera refait et bien placé. Cette hypothèse est le point faible de l’exemple : elle doit se vérifier sur les annonces du quartier avant toute offre.

D’abord, le piège classique : le calcul au prix affiché.

Au prix affiché — ce qui ne passe pas

Prix affiché265 000 €
Frais de notaire (environ 7,5 %)19 875 €
Travaux — quatre chambres, seconde salle d’eau32 000 €
Meubles12 000 €
Coût total328 875 €

2 400 € de loyer pour 328 875 € investis, soit 729 € par tranche de 100 000 €. Le seuil des 800 € n’est pas atteint : au prix affiché, l’opération se refuse.

Reprenons la même adresse, les mêmes travaux, le même loyer — et une négociation menée devis en main, ventes réellement signées à l’appui. Disons 225 000 €, soit 15 % sous le prix affiché. Cela n’a rien d’automatique ; cela se prépare.

Au prix négocié — la même opération, autrement achetée

Prix négocié225 000 €
Frais de notaire (environ 7,5 %)16 875 €
Travaux32 000 €
Meubles12 000 €
Coût total — la vraie base de calcul285 875 €

2 400 € de loyer pour 285 875 €, soit 839 € par tranche de 100 000 €. Le filtre passe. Entre les deux réceptions, une seule chose a changé : le prix d’achat.

Avec 30 000 € d’apport, il reste 255 875 € à emprunter. Sur vingt ans à 3,15 % — une hypothèse, pas une promesse —, la mensualité ressort à environ 1 438 €, plus 73 € d’assurance emprunteur : environ 1 511 € sortent chaque mois, quoi qu’il arrive.

Une année de location — quatre chambres à 600 €

Loyer annuel28 800 €
Vacance locative (5 %)− 1 440 €
Frais de gestion (7 % de l’encaissé)− 1 915 €
Charges de copropriété non récupérables− 1 700 €
Taxe foncière (estimation de l’exercice)− 2 000 €
Assurance propriétaire non occupant− 220 €
Entretien — l’usure de la colocation− 900 €
Comptabilité (30 € par mois)− 360 €
Crédit et assurance (1 511 € × 12)− 18 130 €
Cash flow annuel+ 2 135 €

Soit environ + 178 € par mois. Exemple pédagogique, impôt sur les loyers non compté : il dépend de votre situation et du régime choisi.

Retenez la leçon plutôt que les chiffres : entre une opération refusée et une opération qui dégage 178 € par mois, il n’y a ni une ville ni un quartier, il y a 40 000 € de prix d’achat. Et cet exemple suppose encore quatre chambres louées 600 €, une copropriété saine et un chantier tenu. Trois hypothèses, trois choses à vérifier avant de signer. La même mécanique appliquée à Nice est détaillée dans notre guide de la colocation niçoise.

Marseille ou Nice : la comparaison, sur les mêmes sources

Les deux villes ne répondent pas à la même question. Voici les repères côte à côte, tirés des mêmes fichiers publics.

Le critèreMarseilleNice
Habitants (INSEE, recensement 2023)886 040357 737
Locataires parmi les résidences principales54,7 %49,7 %
Appartement ancien, été 2026environ 3 300 €/m²4 500 à 5 500 €/m²
Loyer d’annonce, appartements (ANIL 2025)14,3 à 18,4 €/m² charges comprises20,4 €/m² charges comprises
Studios et deux-pièces (ANIL 2025)16,2 à 20,6 €/m² charges comprises22,7 €/m² charges comprises
Résidences secondaires (INSEE 2023)3,5 %13,8 %
Étudiants84 000 (Aix-Marseille Université)environ 30 000 (université Côte d’Azur)
Encadrement des loyers (plafonnement)Non — zone tendue seulementNon — zone tendue seulement

Ce que le tableau dit : Marseille achète environ un tiers moins cher un loyer inférieur d’environ un cinquième. Le rapport lui est donc franchement favorable, et le cash flow y est plus accessible. Ce que le tableau ne dit pas : la dispersion. À Nice, un mauvais immeuble coûte cher ; à Marseille, il peut coûter l’opération entière. C’est le prix de l’écart de prix.

Notre conclusion, en une phrase : Marseille récompense l’investisseur qui sélectionne et sanctionne celui qui achète une moyenne. Si vous hésitez encore entre plusieurs villes du littoral, notre guide où investir dans le sud de la France élargit la comparaison, et Nice, Cannes ou Antibes la resserre sur la Côte d’Azur.

Faites le calcul avant de choisir la ville

Quelle que soit la ville, la mécanique est la même et elle est publique : coût total, loyer hors charges, filtre des 800 € par tranche de 100 000 €, cash flow mensuel.

L’outil de la maison

Le simulateur de rentabilité ORELLIA

Entrez un prix, des travaux, un loyer : il pose le calcul complet et rend son verdict, pour un bien marseillais comme pour un bien niçois. Gratuit, sans inscription.

Ouvrir le simulateur

Et si vous préférez poser vos chiffres avec quelqu’un, le premier appel dure trente minutes et il est gratuit. Nous cherchons à Nice, pas à Marseille : si votre projet est marseillais, nous vous le dirons, et nous vous dirons aussi ce que nous en pensons. Un avis honnête ne coûte rien à donner.

Vos questions

Investir à Marseille : ce qu’on nous demande.

Faut-il investir à Marseille en 2026 ?

Cela dépend entièrement du bien, et Marseille l’illustre crûment : l’appartement ancien y tourne autour de 3 300 € le mètre carré à l’été 2026 d’après les baromètres publics, contre 4 500 à 5 500 € à Nice. En échange, elle demande un travail de sélection sévère : d’un immeuble à l’autre, dans la même rue, le risque n’est pas le même. La ville ne décide de rien ; l’immeuble et le prix d’achat décident de tout.

Quels sont les risques d’un investissement locatif à Marseille ?

Le premier est l’état du bâti : la Ville recense 87 copropriétés de plus de 80 logements en état fragile à très dégradé, et 2 343 arrêtés de péril ont été pris entre novembre 2018 et septembre 2025 selon Marsactu. Le deuxième est la copropriété : un immeuble sans fonds de travaux peut appeler des dizaines de milliers d’euros. Le troisième est la fiscalité locale : la part communale de la taxe foncière a été relevée de 14 % en avril 2022.

Y a-t-il un encadrement des loyers à Marseille ?

Non, pas au sens du plafonnement : la liste des communes appliquant un loyer de référence majoré, publiée par service-public.gouv.fr et vérifiée le 1er août 2026, ne comprend pas Marseille. La ville est en revanche en zone tendue, ce qui limite la hausse du loyer entre deux locataires. Attention à une règle distincte : le permis de louer, en vigueur dans trois quartiers marseillais, impose une autorisation avant chaque nouvelle mise en location et à chaque changement de locataire, sous peine d’une amende de 5 000 à 15 000 €.

Marseille ou Nice : où vaut-il mieux investir ?

Les deux répondent à des objectifs différents. Marseille achète environ un tiers moins cher un loyer au mètre carré inférieur d’environ un cinquième : le rapport y est plus favorable, donc le cash flow plus accessible, au prix d’un risque de bâti et de quartier bien réel. Nice achète cher un marché plus homogène, une saisonnalité faible et une demande locative constante. Aucune des deux ne rend une opération rentable à elle seule : c’est le prix d’achat et la façon de louer qui tranchent.

Est-ce qu’ORELLIA accompagne des achats à Marseille ?

Non. Nous cherchons à Nice et sur la Côte d’Azur, parce que c’est le terrain que nous connaissons rue par rue et où nos partenaires travaillent. Cette page existe parce que la question nous est posée et qu’elle mérite une réponse documentée, pas parce que nous vendons Marseille. Si votre projet est marseillais, le premier appel de trente minutes reste gratuit et nous vous le dirons franchement : le bon interlocuteur sera quelqu’un qui est sur place.

Le premier appel

Une ville en tête, des chiffres à poser ?

Trente minutes au téléphone, gratuites, sans engagement — votre situation, vos chiffres, et un avis honnête, y compris si la réponse est « pas ici » ou « pas encore ».

Réserver un appel