Le mécanisme : un loyer plus bas contre une réduction d’impôt
Loc’Avantages est une réduction d’impôt sur le revenu, prévue à l’article 199 tricies du code général des impôts, pour le propriétaire qui signe une convention avec l’Agence nationale de l’habitat — l’ANAH — et loue son logement vide, comme résidence principale du locataire, sous un plafond de loyer, à une personne dont les ressources ne dépassent pas un autre plafond. La demande de convention doit être enregistrée entre le 1er mars 2022 et le 31 décembre 2027 : l’article 88 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 a prolongé le dispositif de trois ans (BOFiP, BOI-IR-RICI-400, 6 mars 2025). La convention court six ans, avec ou sans travaux (code de la construction et de l’habitation, article L. 321-4 ; ANIL, analyse n° 2022-05 à jour au 12 mars 2026).
Trois niveaux, trois décotes sur le loyer de marché, trois taux, choisis à la signature.
Les trois niveaux — décote de loyer, puis taux de réduction d’impôt
Réduction calculée sur les loyers bruts, hors charges (BOI-IR-RICI-400-30, § 10). Sources : article 199 tricies du CGI, version au 16 février 2025 ; service-public.gouv.fr, fiche F34115 vérifiée le 11 mars 2026 ; décret n° 2022-465 du 31 mars 2022 pour les décotes.
L’intermédiation locative, c’est confier le logement à une association agréée ou à une agence immobilière à vocation sociale, qui le loue ou le gère pour vous. Elle ouvre les taux majorés et une prime de l’ANAH : 1 000 €, jusqu’à 3 000 € avec un mandat de gestion et une surface de 40 m² au plus (ANIL, même analyse).
Ce que cette présentation ne dit pas, et qui décide de tout : 15 % de réduction sur un loyer déjà réduit de 15 % ne rendent pas ce que le loyer a perdu. Il faut y ajouter l’impôt et les prélèvements sociaux que vous ne payez plus sur le loyer abandonné — et c’est votre tranche qui fixe ce second terme. D’où les trois variables : la tranche, l’écart entre plafond et marché, le niveau.
Le plafond de loyer à Nice, niveau par niveau
Le plafond ne se lit pas par zone, comme celui de l’ancien Pinel, mais commune par commune — et par arrondissement à Paris, Lyon et Marseille. Il part d’une estimation du loyer de marché hors charges : les loyers médians de l’observatoire local des loyers là où il en existe un — c’est le cas de Nice, couverte par celui des Alpes-Maritimes —, la carte des loyers du ministère ailleurs. On applique la décote du niveau, puis un coefficient de surface, 0,7 + 19/S, arrondi à deux décimales et plafonné à 1,2, qui relève le plafond des petites surfaces (article 2 terdecies H de l’annexe III au code général des impôts ; BOI-IR-RICI-400-20-30, § 130). Les valeurs sont publiées chaque année par arrêté : pour les baux de 2026, l’arrêté du 6 janvier 2026, au Journal officiel du 31 janvier, dont l’annexe est en accès libre sur data.gouv.fr (fichier du ministère de la Transition écologique, 3 février 2026). Voici la ligne de Nice, hors charges.
| Niveau | Plafond communal 2026 | Deux-pièces de 40 m² — coefficient 1,18 | Studio de 30 m² — coefficient 1,2 |
|---|---|---|---|
| Loc1 — intermédiaire | 14,47 €/m² | 17,07 €/m² · 683 € par mois | 17,36 €/m² · 521 € par mois |
| Loc2 — social | 11,92 €/m² | 14,07 €/m² · 563 € par mois | 14,30 €/m² · 429 € par mois |
| Loc3 — très social | 9,36 €/m² | 11,04 €/m² · 442 € par mois | 11,23 €/m² · 337 € par mois |
Le repère de marché est celui que nous utilisons partout : 22,7 € le mètre carré charges comprises pour les studios et deux-pièces niçois (carte des loyers de l’ANIL, édition 2025), soit 908 € charges comprises pour 40 m², autour de 850 € hors charges, sans garantie — voir notre guide des loyers à Nice. Le plafond Loc1 en est à 20 % en dessous. En divisant 14,47 par 0,85, on retrouve le loyer de marché retenu par l’État pour Nice : environ 17 € le mètre carré hors charges, plus bas que les annonces de petites surfaces. Le coefficient compense en partie cet écart pour les studios, pas pour les grands logements.
Pour une autre commune : le même fichier, ou le simulateur de l’ANAH sur monprojet.anah.gouv.fr, qui affiche à l’étape « Générer ma simulation » les plafonds de loyer et de ressources de votre logement. Quelques repères Loc1 en 2026 : Cannes 14,97 €, Antibes 14,72 €, Lyon 1er 13,20 €, Bordeaux 12,79 €, Paris de 21,88 à 25,65 € selon l’arrondissement.
Le calcul complet : un deux-pièces à Nice, en tranche à 30 % puis à 41 %
Un exemple pédagogique, construit pour l’exercice : des hypothèses cohérentes entre elles, pas un dossier. Un deux-pièces de 40 m² à Nice, loué vide : 850 € hors charges au marché, 683 € en Loc1. Le régime réel des revenus fonciers — il est obligatoire, on y revient —, un résultat foncier positif dans les deux cas, si bien que chaque euro de loyer en moins réduit d’un euro la base imposée à votre tranche puis à 17,2 % de prélèvements sociaux ; des charges identiques ; aucune vacance. La tranche à 30 % court de 29 580 à 84 577 € par part au barème 2026, celle à 41 % au-delà (service-public.gouv.fr, fiche F1419 vérifiée le 15 avril 2026).
Une année en Loc1, tranche à 30 % — par rapport au loyer de marché
Sur six ans, environ 1 030 €. Le même calcul en tranche à 41 % : 1 166 € d’impôt évité, un solde de + 391 € par an, environ 2 350 € sur six ans.
Tranche à 30 %
+ 171 €
Par an, en Loc1, sur ce deux-pièces.
Tranche à 41 %
+ 391 €
Par an, même logement, même niveau.
Et en tranche à 11 % : − 210 € par an. Le point de bascule se situe vers 21 % de tranche marginale — une tranche qui n’existe pas dans le barème. Concrètement : à 11 % on perd, à 30 % on gagne peu, à 41 % un peu plus.
Le niveau change le résultat, et pas dans le sens qu’on croit. En Loc2, le loyer tombe à 563 € : 287 € abandonnés par mois, 3 444 € par an. Mais la réduction passe à 35 % de 6 756 €, soit 2 365 €. Solde : + 547 € par an à 30 %, + 925 € à 41 %, − 108 € à 11 %. Le social rapporte ici plus que l’intermédiaire, parce que le taux fait plus que doubler quand le loyer ne baisse que d’un tiers de plus. La contrepartie n’est pas fiscale : un locataire dont le revenu fiscal ne dépasse pas 23 403 € pour une personne seule, et un cash flow amputé de 287 € chaque mois.
Trois leçons. L’échelle : l’avantage net se compte en centaines d’euros par an, pas en milliers. Le calendrier : le loyer perdu sort de votre compte chaque mois, dès le premier ; la réduction revient une fois par an, avec l’avis d’imposition. Et le verdict de rentabilité, qui ne bouge pas : ce deux-pièces acheté 190 000 € revient à 212 250 € tout compris — 14 250 € de notaire, 8 000 € de travaux, pas de meubles puisqu’il se loue vide. Au loyer de marché, cela fait 400 € par tranche de 100 000 € investis, loin du seuil de 800 € de notre méthode ; en Loc1, 322 €. Loc’Avantages n’a pas transformé ce dossier : il l’a rendu un peu plus serré chaque mois. Un dispositif fiscal se choisit après le verdict de rentabilité, jamais à sa place.
Ce que le dispositif exige, et qu’on oublie
- Un locataire sous plafond de ressources. Son revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année — ou de l’année précédente si c’est plus favorable — se vérifie à la signature du bail (BOI-IR-RICI-400-20-30, § 410). Pour 2026, en Loc1 et en zone A, celle de Nice : 44 344 € pour une personne seule, 66 276 € pour un couple, 79 666 € avec une personne à charge ; en Loc2, hors Île-de-France, 23 403 et 31 254 € ; en Loc3, 12 870 et 18 753 € (service-public.gouv.fr, fiche F34115, 11 mars 2026).
- La convention avant le bail, ou dans les deux mois. « Si ce premier bail intervient avant la demande de conventionnement, cette dernière doit intervenir au plus tard dans les deux mois » (BOI-IR-RICI-400-20-20, § 10). Le dossier se prépare donc avant de signer ; la réduction s’impute pour la première fois au titre de l’année où la convention prend effet.
- Un logement décent, classé E au moins. Jusqu’au 31 décembre 2027, une consommation inférieure à 331 kWh par mètre carré et par an ou la classe E ; à partir du 1er janvier 2028, la classe D (BOI-IR-RICI-400-10, § 90 et 100). Une passoire thermique n’y entre pas sans travaux.
- Pas la famille. Ni un membre de votre foyer fiscal, ni un ascendant ou un descendant, ni la personne qui occupait déjà le logement, sauf renouvellement (BOI-IR-RICI-400-20-20, § 80). Le locataire doit y habiter au moins huit mois par an.
- Le régime réel, obligatoire. Le micro-foncier « ne peut pas s’appliquer » au foyer qui bénéficie de Loc’Avantages (BOI-IR-RICI-400-30, § 150). Vous déclarez vos charges réelles, sans comptable obligatoire — mais l’abattement de 30 % du micro disparaît, ce qui coûte si vos charges sont plus faibles. Le réel est expliqué dans notre guide de l’impôt sur les loyers.
- Une réduction qui ne se reporte pas. Si elle dépasse l’impôt dû, « le solde ne peut pas être imputé sur l’impôt sur le revenu au titre des années suivantes » ni donner lieu à remboursement (BOI-IR-RICI-400-30, § 100). Pour un foyer peu ou pas imposable, l’avantage n’existe pas. Et il entre dans le plafonnement global des avantages fiscaux, 10 000 € par an (§ 170).
- La reprise en cas de rupture. Vendre, reprendre le logement, le louer meublé ou dépasser le plafond avant le terme : « la réduction d’impôt obtenue fait l’objet d’une reprise au titre de l’année de la rupture », sauf invalidité, licenciement ou décès (article 199 tricies). Une vacance de plus de douze mois après un départ remet aussi l’avantage en cause (BOI-IR-RICI-400-20-20, § 40).
Pour qui c’est bon, pour qui c’est mauvais
Le dispositif est honnête : il paie un service social avec de l’impôt. Il convient à un profil précis.
- Une tranche à 41 % ou 45 %. Plus votre tranche est haute, plus le loyer abandonné vous coûtait cher en impôt.
- Un patrimoine déjà constitué. Crédit remboursé ou presque, le loyer réduit reste un revenu ; avec une mensualité à couvrir, il devient un trou.
- Un logement familial, dans une ville où le plafond est proche du marché. Les grands logements tournent peu, et les plafonds de ressources laissent passer une large part des familles. L’écart se lit commune par commune dans le fichier officiel ; à Nice, autour de 20 % sur notre exemple.
- L’envie d’un locataire stable, sans gestion. Avec l’intermédiation, l’association gère et paie ; le taux monte, la prime aussi.
Et il est mauvais dans quatre cas.
- Un petit logement bien placé. Sa prime de marché — celle qui fait louer un studio du centre au-dessus de la médiane — est exactement ce que vous abandonnez.
- Un cash flow serré. Le loyer perdu chaque mois arrive avant l’avantage annuel, et aucun des deux ne sauve un dossier qui ne passe pas le filtre des 800 €.
- Une revente prévue avant six ans. La reprise efface tout ce qui a été obtenu.
- Une tranche à 11 %, un foyer non imposable, un plafond de niches déjà atteint. Le calcul est négatif, ou la réduction est perdue.
Loc’Avantages, c’est du nu — et le meublé, alors ?
Tout le dispositif suppose une location nue imposée en revenus fonciers. Un logement loué meublé n’y entre pas ; un logement conventionné ne peut pas passer en meublé pendant six ans. La vraie comparaison, pour un petit appartement niçois, oppose donc Loc’Avantages en location vide au meublé au régime réel, où l’amortissement efface souvent l’impôt sur les loyers pendant des années — à un loyer de marché, et avec sa contrepartie à la revente. La question « meublé ou vide » est posée dans notre guide quel statut pour un investissement locatif ; elle se tranche chiffres en main, avec l’expert-comptable, qui fait partie de l’accompagnement ORELLIA.
Dernière comparaison, en location nue cette fois : le statut du bailleur privé, créé par la loi de finances pour 2026, amortit le prix d’achat contre neuf ans de loyer plafonné, dans le neuf et l’ancien lourdement rénové. Son cumul avec Loc’Avantages sur un même logement n’a pas été tranché par le texte : à faire confirmer avant de compter les deux.
L’outil de la maison
Le dispositif se choisit après le verdict. Le verdict se calcule avant.
Entrez un prix, des travaux, le loyer plafonné plutôt que celui du marché : le simulateur pose le calcul complet — coût total, cash flow mensuel, règle des 800 € par tranche de 100 000 € — et rend son verdict. Gratuit, sans inscription.
Ouvrir le simulateurEt si vous préférez poser vos chiffres avec quelqu’un, le premier appel avec notre équipe dure trente minutes, il est gratuit, et il sert à cela — y compris pour vous dire qu’un dispositif fiscal ne changera rien à votre dossier.
Sources : CGI, article 199 tricies (version au 16 février 2025) ; décret n° 2022-465 du 31 mars 2022 ; arrêté du 6 janvier 2026 et jeu de données du ministère de la Transition écologique sur data.gouv.fr (3 février 2026) ; BOFiP BOI-IR-RICI-400 (6 mars 2025) ; service-public.gouv.fr, fiches F34115 et F1419 ; ANIL, analyse n° 2022-05 et carte des loyers 2025. Les plafonds changent chaque 1er janvier : vérifiez-les à la date de votre bail.