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Conseils · Investir depuis l’étranger

Investir en France depuis Dubaï : l’épargne, le prêt, l’impôt.

La réponse en brefMis à jour en septembre 2026

Un salaire non imposé aux Émirats fait une épargne rapide, pas un dossier bancaire : sans avis d’imposition, la banque française lit des contrats et des relevés, et demande à un non-résident plus d’apport. Les loyers d’un bien en France s’imposent en France, par la convention du 19 juillet 1989, au taux minimum du non-résident et avec les prélèvements sociaux pleins. La signature se fait par procuration, les visites en visio à deux ou trois heures de décalage. Et le calcul se fait au coût total, après l’impôt français — c’est lui qui décide.

Ce qui est propre au résident des Émirats, et seulement cela. Le dossier de prêt sans avis d’imposition, l’apport et la durée demandés aux non-résidents, la convention fiscale de 1989 et ce qu’elle laisse à la France, un exemple au coût total passé au filtre des 800 €, la procuration depuis un pays sans apostille, et les pièges d’un retour en France plus tôt que prévu.

Immeubles anciens et récents côte à côte à Ajaccio, Corse
Ancien et récent, Ajaccio.

Ce qui change quand on vit aux Émirats — et ce qui ne change pas

Le portail officiel du gouvernement émirien l’écrit : les Émirats ne prélèvent pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Un salaire versé à Dubaï se garde en entier, hors la TVA de 5 % sur ce qu’on y dépense. C’est ce qui fait l’épargne rapide de l’expatrié, et la source des malentendus qui suivent.

  • Une épargne rapide, en dirhams. Le dirham est arrimé au dollar — 3,6725 dirhams pour un dollar, d’après la fiche pays du portail émirien — et un apport réuni à Dubaï vaut donc plus ou moins d’euros selon le cours euro-dollar le jour du transfert.
  • Aucun avis d’imposition. Pas d’impôt, donc pas de document de l’administration qui atteste vos revenus. C’est la pièce que toute banque française lit en premier, et il faut la remplacer.
  • Un décalage horaire réduit. Les Émirats ont quatre heures d’avance sur le temps universel : deux heures d’avance sur la France l’été, trois l’hiver. Une visite en visio se suit en soirée, sans nuit blanche.

Ce qui ne change pas : le droit d’acheter, le prêt en euros, la procuration, le calcul au coût total — tout cela est posé, étape par étape, dans notre guide de l’achat en France depuis l’étranger. Ici, on ne traite que ce que Dubaï ajoute ou retire.

Le prêt : des justificatifs que la banque lit autrement

Toutes les banques françaises ne prêtent pas à un non-résident des Émirats — c’est la première vérification du courtier. Celle qui accepte reconstitue votre revenu à partir de ce que vous pouvez produire : le contrat de travail, l’attestation de salaire délivrée par l’employeur, douze mois de relevés bancaires où les virements de paie se lisent, le visa de résidence et la pièce d’identité émirienne, le bail de votre logement à Dubaï. Chaque pièce se traduit quand elle n’est pas en français (Pretto, page mise à jour le 1er septembre 2026).

Deux différences de pratique. L’apport, d’abord : de l’ordre de 20 à 30 % du prix, frais de notaire et de garantie en plus, d’après la même page. Le taux, ensuite : 0,40 point d’écart en moyenne en 2025, 3,58 % contre 3,19 %, toujours d’après Pretto. Aucun texte n’impose ni l’un ni l’autre : ce sont des usages d’établissement, variables, sans garantie. Les règles écrites valent pour tout le monde : 35 % de taux d’effort assurance comprise et 25 ans au plus, selon les décisions du Haut Conseil de stabilité financière du 29 septembre 2021 et du 29 juin 2023. La décote de 70 % que certaines banques appliquent au loyer attendu est, elle aussi, un usage qu’aucun texte public n’impose.

Le prêt se prend en euros : le bien se loue et se rembourse en euros, et le risque de change ne porte que sur l’apport — à transférer avec une marge — et sur ce que vous complétez chaque mois. Pièces, délais et compte bancaire sont détaillés dans notre guide du prêt immobilier quand on vit à l’étranger. Chez ORELLIA, le financement précède la recherche : le courtier dit ce que votre dossier permet avant qu’un agent visite quoi que ce soit.

L’impôt : la convention de 1989 laisse les loyers à la France

La convention fiscale entre la France et les Émirats arabes unis, signée à Abou Dhabi le 19 juillet 1989, en vigueur depuis le 1er juillet 1990 et complétée par un avenant du 6 décembre 1993 (BOFiP, BOI-INT-CVB-ARE, 12 septembre 2012), tient en une règle. Son article 5 dispose que « les revenus qu’un résident d’un État tire de biens immobiliers […] situés dans l’autre État sont imposables dans cet autre État ». Son article 11 dit la même chose de la plus-value à la revente. Vivre dans un pays sans impôt sur le revenu ne fait donc pas disparaître l’impôt : il se paie en France.

Les taux d’un résident des Émirats sur ses loyers français — revenus 2025, déclarés en 2026

Impôt sur le revenu, taux minimum jusqu’à 29 579 € de revenu net20 %
Impôt sur le revenu, taux minimum au-delà30 %
Prélèvements sociaux, location vide17,2 %
Prélèvements sociaux, location meublée18,6 %
Prélèvement de solidarité à 7,5 % (affiliés EEE, Suisse, Royaume-Uni)non applicable

Sources : impots.gouv.fr, « Dois-je déclarer mes revenus en France ? », page modifiée le 26 février 2026, et page sur les contributions sociales des non-résidents, modifiée le 19 juillet 2023. Sur option, le taux moyen sur vos revenus mondiaux remplace le taux minimum s’il vous est favorable — rarement pour un salarié de Dubaï, dont le salaire entre dans ce calcul.

L’exonération de CSG et de CRDS, qui ramène la note à 7,5 %, est réservée aux personnes affiliées à un régime obligatoire de sécurité sociale de l’Espace économique européen, de la Suisse ou du Royaume-Uni. Un expatrié aux Émirats, affilié ou non, paie 17,2 % en vide et 18,6 % en meublé, en plus de l’impôt. À la revente, un vendeur résidant hors de l’Espace économique européen désigne en outre un représentant fiscal accrédité dès que le prix dépasse 150 000 € par cédant, sauf exonération par la durée de détention — impots.gouv.fr, 27 janvier 2026. Le calcul régime par régime est dans notre page-mère investir à Nice depuis l’étranger ; et si l’on vous conseille une SCI par réflexe, notre guide SCI et non-résident explique pourquoi elle ne change rien à ces taux.

Un exemple au coût total, de Dubaï au cash flow après impôt

Un exemple pédagogique, construit pour l’exercice : ni un dossier réel ni une promesse. Un salarié de Dubaï a réuni 45 000 € en trois ans. Il vise un deux-pièces meublé dans une ville française où le loyer suit : prix négocié 115 000 €, un rafraîchissement, des meubles, et un loyer de 1 250 € hors charges posé comme hypothèse — à vérifier annonce par annonce.

D’abord, le coût total

Prix négocié115 000 €
Frais de notaire (environ 7,5 % dans l’ancien)8 625 €
Travaux — salle d’eau, peintures, électricité15 000 €
Meubles6 000 €
Coût total — la vraie base de calcul144 625 €

Le filtre maison : 800 € de loyer mensuel hors charges par tranche de 100 000 € de coût total, soit ici 1 157 € au minimum. À 1 250 €, le bien fait 864 € par tranche : le seuil est franchi, avec une marge modeste.

Le financement, ensuite. Avec 45 000 € d’apport — 31 % du coût total, dans l’usage décrit pour un non-résident —, il reste 99 625 € à emprunter. Sur vingt ans à 3,15 %, présenté comme une hypothèse (la Banque de France relève 3,27 % en moyenne en juin 2026), la mensualité ressort à 560 €, plus 28 € d’assurance emprunteur à 0,34 % : 588 € par mois.

Ensuite, une année de location

Loyer annuel (1 250 € × 12)15 000 €
Vacance locative (5 %)− 750 €
Frais de gestion (7 % de l’encaissé)− 998 €
Charges de copropriété non récupérables− 700 €
Taxe foncière (hypothèse de l’exercice)− 900 €
Assurance propriétaire non occupant− 150 €
Entretien− 400 €
Comptabilité (30 € par mois)− 360 €
Crédit et assurance (588 € × 12)− 7 056 €
Cash flow annuel, avant impôt+ 3 686 €

Soit environ + 307 € par mois. Avec l’écart de taux relevé pour les non-résidents, 3,55 % au lieu de 3,15 %, la mensualité monte à 608 € et le cash flow retombe à environ + 287 € par mois.

Le filtre des 200 € est franchi : sous ce cash flow mensuel, ORELLIA ne présente pas un bien. Mais l’impôt vient après, et pour un résident de Dubaï il n’est pas nul. Au micro-BIC, l’abattement de 50 % sur les 14 250 € encaissés laisse 7 125 € de base : 1 425 € d’impôt au taux minimum de 20 % et 1 325 € de prélèvements sociaux à 18,6 %, soit 2 750 € par an — environ 229 € par mois. Le cash flow après impôt tombe alors à environ 78 € par mois. Au régime réel, l’amortissement du bien et des meubles réduit souvent cette base à peu de chose pendant plusieurs années, et la note change du tout au tout : c’est le calcul que l’expert-comptable pose dans l’accompagnement, avant l’offre. Dernière réserve : la gestion à distance a un coût propre, chiffré dans notre guide investir loin de chez soi.

Signer depuis Dubaï : procuration, consulat, apostille

Le compromis et l’acte se signent en France par un mandataire ; la question est la forme de la procuration. La plus simple est la procuration authentique à distance : depuis le décret n° 2020-1422 du 20 novembre 2020, un notaire français l’établit par visioconférence agréée et signature électronique qualifiée, sans que vous quittiez Dubaï — France Diplomatie, page mise à jour en septembre 2025, renvoie à un notaire en France pour toute procuration authentique.

L’autre voie, signer un acte sur place, est plus lourde qu’ailleurs. Les Émirats arabes unis ne sont pas partie à la Convention Apostille du 5 octobre 1961 — ils n’apparaissent pas dans l’état des signatures tenu par la Conférence de La Haye, mis à jour le 30 juin 2026. Un document émirien destiné à la France passe donc par une légalisation, en plusieurs tampons, au lieu d’une apostille unique. Et le consulat général de France à Dubaï n’établit pas d’acte authentique : sa fiche, mise à jour le 18 avril 2026, renvoie au notaire pour certaines procurations et légalise une signature sur un acte sous seing privé, en présence du signataire, après prise de contact — démarche payante. Cette procuration sous seing privé légalisée suffit souvent au compromis ; pour l’acte, votre notaire fixe ce qu’il admet — posez-lui la question avant de chercher, pas la veille de la signature.

Les pièges du retour en France anticipé

Un achat pensé pour un non-résident doit tenir si vous rentrez dans deux ans au lieu de six. Quatre points changent, un seul est dangereux.

  • L’année du retour se déclare en deux morceaux. Une déclaration 2042-NR pour les revenus de source française perçus avant le retour, une 2042 pour tout ce qui suit, d’après impots.gouv.fr, page modifiée le 17 décembre 2025.
  • Les loyers changent de régime. Redevenu résident, vous ajoutez vos loyers à vos salaires au barème progressif, prélèvements sociaux inchangés. Le taux minimum de 20 % disparaît : selon votre tranche, c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Le crédit, lui, ne bouge pas.
  • Les comptes émiriens se déclarent. Chaque année, le formulaire 3916 ou 3916-bis accompagne la déclaration de revenus d’un résident qui détient un compte à l’étranger : 1 500 € d’amende par compte oublié, 10 000 € si l’État n’a pas conclu de convention de lutte contre la fraude avec la France — impots.gouv.fr, 25 juin 2026.
  • Le vrai piège : n’avoir jamais été non-résident. L’article 4 B du code général des impôts, version en vigueur depuis le 16 février 2025, domicilie en France toute personne qui y a son foyer, y exerce son activité principale ou y a le centre de ses intérêts économiques. Et l’article 19, § 2 de la convention de 1989 est explicite : une personne résidente des Émirats mais « fiscalement domiciliée en France au sens du droit interne français » voit ses revenus imposables en France « nonobstant toute autre disposition de la présente Convention » — sauf pour les citoyens émiriens. Un conjoint et des enfants restés en France, un salaire de Dubaï — et l’administration peut vous traiter comme un résident pour l’ensemble de vos revenus, salaire compris. Ce cas se règle avant l’achat, avec un fiscaliste.

Faites le calcul avant de transférer votre épargne

Chaque chiffre de l’exemple sort de la mécanique de notre simulateur, qui est publique.

L’outil de la maison

Le simulateur de rentabilité ORELLIA

Prix, travaux, apport, loyer : il pose le calcul complet — coût total, cash flow mensuel, règle des 800 € par tranche de 100 000 € — et rend son verdict. Gratuit, sans inscription ; l’impôt du non-résident se pose ensuite avec l’expert-comptable.

Ouvrir le simulateur

Et si vous préférez poser votre situation à voix haute — le contrat, l’épargne, la date de retour envisagée —, le premier appel dure trente minutes, il est gratuit, et il sert aussi à dire quand il vaut mieux attendre.

Vos questions

Investir depuis Dubaï : ce qu’on nous demande.

Un expatrié à Dubaï peut-il emprunter en France sans avis d’imposition ?

Oui, mais le dossier se construit autrement. Les Émirats ne prélèvent pas d’impôt sur le revenu des personnes, d’après le portail officiel du gouvernement émirien : il n’existe donc aucun avis d’imposition à fournir. La banque française le remplace par le contrat de travail, l’attestation de salaire de l’employeur, douze mois de relevés bancaires, le visa de résidence et la pièce d’identité émirienne, traduits au besoin. Elle demande un apport de 20 à 30 % du prix, frais en plus — un usage qu’aucun texte n’impose — et applique les règles communes : 35 % de taux d’effort assurance comprise, 25 ans au plus.

Les loyers d’un bien en France sont-ils imposés quand on vit à Dubaï ?

Oui, en France. L’article 5 de la convention fiscale France–Émirats du 19 juillet 1989 rend les revenus immobiliers imposables dans l’État où se trouve le bien. Vous déclarez donc vos loyers en France comme non-résident, au taux minimum de 20 % jusqu’à 29 579 € de revenu net de source française et 30 % au-delà pour les revenus 2025, sauf option pour le taux moyen. S’ajoutent les prélèvements sociaux pleins, 17,2 % en location vide et 18,6 % en meublé : l’exonération de CSG-CRDS est réservée aux affiliés d’un régime de l’Espace économique européen, de la Suisse ou du Royaume-Uni. Rien à payer aux Émirats, rien d’exonéré en France.

Faut-il revenir en France pour signer l’achat ?

Non. Le notaire accepte une procuration, et deux voies existent depuis Dubaï. La première est la procuration authentique à distance, établie par un notaire français en visioconférence avec signature électronique qualifiée (décret n° 2020-1422 du 20 novembre 2020), sans déplacement. La seconde est un acte signé sur place : les Émirats ne sont pas partie à la Convention Apostille, d’où une légalisation en plusieurs étapes, et le consulat de France n’établit pas d’acte authentique et renvoie au notaire — il légalise seulement une signature sous seing privé. Votre notaire fixe la forme admise. Le déplacement utile, c’est la visite décisive avant l’offre.

Que se passe-t-il si je rentre en France plus tôt que prévu ?

Le bien et le crédit ne bougent pas ; l’impôt change. L’année du retour, vous déposez une déclaration 2042-NR pour la période non-résidente et une 2042 pour la suite, d’après impots.gouv.fr. Vos loyers s’ajoutent ensuite à vos salaires au barème progressif, avec les mêmes prélèvements sociaux : le taux minimum disparaît, parfois favorable, parfois non. Vos comptes émiriens se déclarent chaque année sur le formulaire 3916, sous peine de 1 500 € d’amende par compte. Et si votre foyer était resté en France pendant l’expatriation, l’article 19 de la convention permet à la France de vous imposer comme un résident, malgré Dubaï.

À lire ensuite

Avant d’aller plus loin : chez ORELLIA, un bien ne vous est présenté que s’il vous laisse au moins 200 € par mois, tout payé. Les douze pages qui posent ce calcul, poste par poste, avec la liste à cocher avant toute offre : recevoir le guide — gratuit, et le téléchargement s’ouvre aussitôt.

Le premier appel

Un projet en France depuis les Émirats ?

Trente minutes en visio avec notre équipe, gratuites, sans engagement, à une heure qui convient aux deux fuseaux — votre dossier, vos chiffres, et un avis honnête, y compris si le compte n’y est pas.

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