Pourquoi le studio est le premier réflexe — et ce qui le trahit
Un studio coûte moins cher qu’un deux-pièces, donc il s’emprunte plus facilement ; il se loue plus cher au mètre carré, donc le rendement affiché est meilleur ; et il y aura toujours un étudiant pour le prendre. Trois affirmations vraies, une conclusion fausse.
Les ventes notariées le trahissent d’abord. Dans la base publique des « demandes de valeurs foncières », lue ville par ville pour notre série, le studio se paie en 2025 plus cher au mètre carré que le deux-pièces de la même commune — 3 182 € contre 2 893 € à Toulon, 3 056 contre 2 640 à Rouen, 2 517 contre 2 264 à Nancy, 2 440 contre 2 184 à Clermont-Ferrand, 1 423 contre 1 210 à Saint-Étienne. De 10 à 18 % de plus, à la médiane. À Nice, un baromètre public relevé en août 2026 situe le studio autour de 5 700 € le mètre carré, quand l’ancien se vend entre 4 500 et 5 500 € — sans garantie. Deux exceptions dans nos lectures, Perpignan et Paris, sans prime au studio.
Le loyer suit la même pente — la Carte des loyers de l’ANIL relève, dans les villes de notre série, un mètre carré plus cher pour les une et deux-pièces que pour l’ensemble des appartements — et les deux écarts s’annulent presque. Le studio n’a donc aucun avantage de rendement par construction ; il a un ticket d’entrée plus bas, ce qui n’est pas la même chose. Le tableau complet des typologies est dans notre guide quel bien acheter pour louer.
Les charges fixes ne se divisent pas par la surface
Un loyer de studio est petit ; une bonne partie des charges du propriétaire ne l’est pas.
- La comptabilité. Un expert-comptable facture un meublé au dossier, pas au mètre carré : les 30 € par mois de notre méthode pèsent 8 % d’un loyer de 380 €, moins de 3 % d’un loyer de 1 200 €.
- La taxe foncière. Elle est assise sur une surface pondérée : l’article 324 T de l’annexe III au code général des impôts ajoute des équivalences fixes — 2 m² par pièce pour le chauffage central, 5 m² pour une baignoire, 3 m² pour un WC (BOFiP, BOI-IF-TFB-20-10-20-50). Un forfait ajouté à 26 m² pèse plus lourd qu’ajouté à 70.
- L’assurance et l’entretien. Une assurance propriétaire non occupant a un prix plancher, et un chauffe-eau se remplace au même prix dans 26 m² que dans 70.
- La relocation. Chaque départ coûte un état des lieux, une annonce, des visites, une remise en état — un coût presque fixe, plus fréquent.
Plus souvent, parce que le locataire d’un studio bouge davantage. L’INSEE ne mesure pas la durée d’occupation par nombre de pièces, mais la mobilité par âge : début 2024, 51 % des locataires du parc privé avaient emménagé depuis moins de quatre ans, et 79 % des ménages dont la personne de référence a moins de 30 ans (Insee Première n° 2090, 21 janvier 2026). L’observatoire des loyers de Nancy (2024) compte 45,6 % des locataires privés de la ville-centre en place depuis moins d’un an.
La revente : un marché d’acheteurs qui calculent
Un studio trouve en général preneur plus vite qu’un grand logement — c’est son atout le plus souvent cité — mais il se revend surtout à un autre investisseur, ou à un parent qui loge son enfant : des acheteurs qui regardent le loyer, pas l’exposition ou l’école. Le prix se négocie donc sur le calcul de cette page, et il baisse quand les investisseurs se retirent. Aucune statistique publique ne mesure leur part parmi les acheteurs de studios : nous l’écrivons en mots. La comparaison poste par poste avec le deux-pièces est dans notre guide T2 ou T3.
Le DPE des petites surfaces chauffées à l’électricité
Elle se lit avant toute offre. L’article 6 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2025, exclut la classe G de la location depuis le 1er janvier 2025, la classe F au 1er janvier 2028, la classe E au 1er janvier 2034. Or le studio type — combles, radiateurs électriques d’origine, simple vitrage — est le logement que ce calendrier vise.
Deux corrections récentes jouent en sa faveur. La première vise la taille : l’arrêté du 25 mars 2024 a ajusté les seuils des étiquettes pour les logements de moins de 40 m² ; il s’applique depuis le 1er juillet 2024, et le ministère estime à environ 140 000 les logements sortis des classes F et G par ce seul recalcul (ecologie.gouv.fr, page mise à jour le 19 décembre 2025). La seconde vise l’énergie : le coefficient qui convertit l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026 (arrêté du 13 août 2025), et l’arrêté du 19 août 2026 l’abaisse à 1,7 au 1er janvier 2027.
Un studio électrique affiché F sur un DPE de 2023 est peut-être un E une fois recalculé : demandez l’attestation, gratuite et sans nouvelle visite sur l’observatoire de l’ADEME, avant de chiffrer des travaux qui n’existent pas. Un studio au gaz classé G le reste. Le détail des textes est dans notre brève le calendrier d’interdiction de louer selon le DPE. Et un logement décent fait au moins 9 m² sous 2,20 m, ou 20 m³ (décret du 30 janvier 2002) : les « studettes » de 8 m² ne se louent pas.
Où le studio tient en France : huit villes au même calcul
Notre série a lu les ventes de 2025 dans vingt-sept villes. Pour sept d’entre elles, la médiane des seuls studios est disponible ; pour Nice, nous retenons un baromètre public relevé en août 2026. L’ANIL publie pour chacune un loyer d’annonce pour les une et deux-pièces. La méthode : prix médian au mètre carré, notaire à 7,5 %, aucun travaux, aucun meuble, loyer ANIL charges comprises moins 10 % pour revenir hors charges. La surface s’élimine du calcul ; le résultat est flatteur, travaux et meubles ne pouvant que le faire baisser.
| La ville | Studio, médiane des ventes 2025 | Loyer ANIL 1-2 pièces, charges comprises | Loyer par tranche de 100 000 € |
|---|---|---|---|
| Perpignan | 1 643 €/m² | 13,65 €/m² | ≈ 696 € |
| Saint-Étienne | 1 423 €/m² | 11,44 €/m² | ≈ 673 € |
| Clermont-Ferrand | 2 440 €/m² | 14,49 €/m² | ≈ 497 € |
| Nancy | 2 517 €/m² | 14,11 €/m² | ≈ 469 € |
| Toulon | 3 182 €/m² | 16,60 €/m² | ≈ 437 € |
| Rouen | 3 056 €/m² | 15,38 €/m² | ≈ 421 € |
| Caen | 3 538 €/m² | 15,96 €/m² | ≈ 378 € |
| Nice | 5 700 €/m² (baromètre, sans garantie) | 22,74 €/m² | ≈ 334 € |
Aucune ville n’atteint 800 €, même sans un euro de travaux. Les deux qui s’en approchent — Perpignan, Saint-Étienne — sont celles où le recensement INSEE 2023 relève 14,6 et 12,0 % de logements vacants et des taux de pauvreté de 36,2 et 30,4 % : c’est là que la rotation d’un studio coûte le plus. Le studio niçois a son propre guide : investir dans un studio étudiant à Nice. Les vingt-sept villes de la série sont classées dans notre guide où investir en 2026.
Un studio passé au coût total, jusqu’au cash flow
Un exemple pédagogique, construit pour l’exercice : ce n’est pas un dossier réel. Un studio de 26 m² à Nancy — la surface médiane des ventes 2025 —, à rafraîchir, négocié 65 000 €, un peu sous la médiane de sa typologie. Loué meublé au loyer médian hors charges que l’observatoire local relève pour un une-pièce de la ville-centre : 380 € par mois (la médiane est mesurée sur une surface moyenne de 28 m² ; pour 26 m², 13,8 €/m² donnerait plutôt 359 € — nous gardons la médiane arrondie, en faveur du bien). Aucune source publique ne chiffre le supplément du meublé : nous n’en comptons pas.
D’abord, le coût total
Le filtre d’abord : 380 € de loyer pour 79 875 € investis, c’est 476 € par tranche de 100 000 €. Sous 800, le bien n’est pas présenté ; il faudrait 639 €. L’année quand même, avec 8 000 € d’apport et 71 875 € empruntés sur vingt ans à 3,15 % — une hypothèse, la Banque de France relevant 3,27 % en moyenne en juin 2026 —, soit 404 € de mensualité et 20 € d’assurance emprunteur : 424 € par mois.
Ensuite, une année de location à 380 € hors charges
Soit environ − 233 € par mois, à sortir de sa poche. Rendement brut sur le coût total : 5,7 % ; net de charges, avant impôt : 2,9 %.
Les charges fixes
1 730 €
Copropriété, taxe foncière, assurance, entretien, comptabilité : 38 % du loyer annuel.
Le loyer qui ferait + 200 €
870 €
Plus du double du loyer médian, pour 26 m² à Nancy. Le marché nancéien ne le donne pas.
Exemple pédagogique. À 65 000 €, ce sont les charges fixes qui mangent le loyer, pas le crédit.
Le prix ne fait donc pas tout. Ce studio coûte un peu plus de deux fois moins cher au mètre carré qu’un studio niçois et perd quand même 233 € par mois, parce que 1 730 € de charges fixes absorbent 38 % de son loyer. Chez ORELLIA, sous 200 € de cash flow positif par mois, un bien n’est pas présenté : celui-ci en est à 433 €. À 380 € de loyer, il ne passerait à aucun prix : sans le moindre crédit, il resterait 4 560 − 228 − 303 − 1 730 = 2 299 € par an, soit 191 € par mois. Seul un loyer d’environ 870 € le ferait passer — et ce n’est pas le marché.
Pour qui la réponse est non — et pour qui elle est oui
Nous disons non dans quatre situations, dès le premier appel.
- Celui qui l’achète parce que c’est le seul bien qui rentre dans le budget. Ce budget permet surtout d’attendre : six mois d’épargne de plus ouvrent souvent un deux-pièces.
- Celui qui vise le cash flow. Aucune des huit villes du tableau ne rend 800 € par tranche au prix médian. Un studio au prix du marché est un effort d’épargne, pas un revenu.
- Celui qui ne veut pas s’en occuper. Un bail par an, un été à remplir, des relocations à répétition : c’est un des biens qui demandent le plus de gestion par euro de loyer, et un loyer trop petit pour payer quelqu’un.
- Celui qui compte sur une plus-value. Le studio se revend à des acheteurs qui calculent ; quand les investisseurs se retirent, son prix baisse en premier.
Il reste des oui. Un studio acheté nettement sous la médiane, là où la demande ne dépend d’aucune saison, par quelqu’un qui accepte de gérer, peut passer le filtre. Un parent qui loge son enfant pendant ses études, et qui sait qu’il achète un service plus qu’un placement, fait un choix cohérent — à condition de l’avoir chiffré.
Chez ORELLIA, l’ordre ne change pas pour un studio : le financement d’abord, avec un courtier ; puis la recherche, à Nice ou partout en France par un agent immobilier que vous mandatez sur place ; et pour chaque bien, une analyse écrite au coût total jusqu’au cash flow. Le prix de l’accompagnement est fixe, et il vous est dit au premier appel.
Faites le calcul sur votre studio
Chaque chiffre de cet exemple sort de notre simulateur.
L’outil de la maison
Le simulateur de rentabilité ORELLIA
Prix, notaire, travaux, meubles, loyer hors charges : coût total, cash flow mensuel, règle des 800 € par tranche de 100 000 €, et le verdict. Gratuit, sans inscription.
Ouvrir le simulateurEt le premier appel avec notre équipe — trente minutes, gratuit — sert aussi à vous dire qu’un studio n’est pas le bon premier achat.
