Pourquoi la liste des banques n’existe pas
Commençons par ce que vous ne trouverez nulle part. Le registre des agents financiers tenu par l’ACPR, consulté le 16 septembre 2026, recense les établissements agréés pour prêter, avec leur statut et leurs coordonnées. Il ne dit rien de leur politique commerciale : ni qui finance le locatif, ni à quelles conditions, ni jusqu’à quelle durée. Cette information n’est publiée par personne, parce qu’elle n’a pas à l’être. La Cour de cassation l’a posé en assemblée plénière le 9 octobre 2006 (pourvoi n° 06-11.056) : « le banquier est toujours libre, sans avoir à justifier sa décision qui est discrétionnaire, de proposer ou de consentir un crédit ».
Il y a une seconde raison, plus mécanique. Depuis le 1er janvier 2022, chaque banque peut déroger aux règles du HCSF sur 20 % de sa production trimestrielle, et depuis la décision du 29 juin 2023, au moins 70 % de cette marge doit aller à la résidence principale. Il reste donc au plus 6 % de la production d’un trimestre pour les dossiers hors résidence principale — locatif compris — qui dépassent 35 % ou 25 ans. Une banque très ouverte au locatif en janvier peut fermer le guichet en mars parce que son quota est consommé. La liste, si elle existait, serait périmée avant d’être lue.
Les chiffres publics confirment la prudence des banques sur ce segment. Selon l’ACPR (Analyses et synthèses n° 183, publiée le 30 juillet 2026), l’investissement locatif a représenté 12,0 % des nouveaux crédits à l’habitat en 2025, contre 14,9 % en 2024 ; et la part de la production qui dépasse les seuils hors résidence principale s’est établie à 3,2 %, pour un plafond autorisé de 6 %. Les banques n’utilisent donc qu’environ la moitié de la souplesse dont elles disposent pour le locatif. Cela ne dit pas laquelle prête : cela dit que toutes prêtent avec parcimonie hors du cadre.
Ce que toutes les banques appliquent
Avant de chercher ce qui les distingue, posons ce qui leur est commun : c’est là que la plupart des dossiers se jouent, et aucun changement de guichet n’y change rien.
- Le taux d’effort de 35 %, assurance comprise. Décision du HCSF du 29 septembre 2021, en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Il se calcule en mettant toutes les charges d’emprunt au numérateur et tous les revenus au dénominateur — loyers attendus compris, mais jamais en déduction de la mensualité. Le calcul dit différentiel, plus flatteur, n’est pas celui du cadre : notre guide du taux d’endettement en locatif pose les deux méthodes sur un même exemple.
- 25 ans au plus. Même décision. 27 ans seulement avec un différé d’amortissement, et seulement quand les travaux atteignent 10 % du coût total de l’opération (décision du 18 décembre 2023, en vigueur le 1er janvier 2024).
- Une évaluation de solvabilité obligatoire. L’article L. 313-16 du code de la consommation impose au prêteur une « évaluation rigoureuse » fondée sur des « documents vérifiables », et la consultation du fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers. Une inscription au fichier « n’emporte pas interdiction de délivrer un crédit » (article L. 751-1), mais en pratique elle ferme presque toutes les portes.
Ce socle explique une chose que beaucoup découvrent trop tard : un dossier à 41 % de taux d’effort ne passera dans aucune banque, régionale, nationale ou en ligne, sauf sur la marge de dérogation — que presque toutes réservent à leurs meilleurs clients. Changer de guichet ne résout pas un problème de dossier. Le plan pour y remédier est dans notre guide devenir finançable ; cette page-ci traite ce qui reste une fois ce socle respecté.
Ce qui sépare vraiment les quatre guichets
Une fois dans le cadre, le reste relève de chaque établissement. Rien de ce tableau n’est écrit dans un texte : ce sont des usages observés, variables d’une enseigne et d’un trimestre à l’autre, donnés sans garantie — et c’est là qu’un dossier locatif passe ou tombe.
| Le point | Banque de réseau régionale | Banque nationale | Banque en ligne | Dossier porté par un courtier |
|---|---|---|---|---|
| Qui décide | Une caisse régionale, un comité proche | Une grille nationale, un comité éloigné | Un scoring, peu d’intervention humaine | La banque choisie — le dossier arrive dans son format |
| Loyers futurs | Part retenue variable, discutable pièces en main | Part retenue fixée par la grille | Part fixée, parfois nulle sur un premier locatif | Part connue guichet par guichet |
| Durée de 25 ans | Souvent possible | Selon la grille et le trimestre | Fixée par la grille, sans négociation possible | Négociée avec le taux, pas seule |
| Différé pendant travaux | Possible, sur devis | Possible, dans les limites du HCSF | Rare | Demandé d’emblée si les travaux le justifient |
| Assurance déléguée | De droit, parfois mal vue | De droit, souvent acceptée | De droit, généralement sans discussion | Comparée et proposée avec le prêt |
| Domiciliation des revenus | Presque toujours, avec des produits | Demandée, négociable | Souvent exigée | Négociée contre le taux |
| Dossier atypique (travaux, immeuble, sans CDI) | Souvent le seul guichet qui l’écoute | Difficile hors grille | Généralement refusé | Orienté vers le guichet qui l’accepte |
La banque de réseau régionale
La décision s’y prend au plus près du dossier, devant un comité qui connaît le marché local : un immeuble, une colocation avec travaux ou un indépendant y trouvent quelqu’un pour les écouter. La contrepartie est commerciale — domiciliation, compte, assurance, carte. Le taux n’est pas toujours le meilleur ; la capacité à dire oui à un projet inhabituel y est souvent plus grande qu’ailleurs.
La banque nationale
La grille y est uniforme : elle change peu d’une agence à l’autre, mais avec le trimestre — là où la marge de dérogation du HCSF se voit le plus. Le conseiller a moins de latitude qu’en caisse régionale. Un dossier propre — contrat stable, apport couvrant les frais — reçoit une réponse qui ne dépend pas de l’humeur d’un comité.
La banque en ligne
Ses conditions d’accès sont publiées sur son site, à lire en premier : plusieurs n’instruisent pas le locatif, d’autres le réservent à un profil très normé, sans travaux lourds ni différé. Dans la grille, le taux est souvent compétitif ; hors de la grille, il n’y a personne à convaincre. Pour un premier locatif avec travaux, ce n’est presque jamais le bon guichet.
Le dossier porté par un courtier
Il ne prête pas et ne décide pas. Il apporte ce que personne ne publie — quels guichets acceptent le locatif ce trimestre, quelle part du loyer chacun retient, lequel consent un différé — et présente le dossier dans le format attendu, sans transformer un mauvais dossier en bon. Son statut, ce qu’il a le droit de facturer et quand, et ce qu’il coûte sont dans notre guide du courtier en investissement locatif.
Les six points qui se négocient — et ce que le droit en dit
Ligne par ligne, le texte qui s’applique — ou son absence, qui est une information en soi.
- Les loyers futurs. La décote appliquée au loyer attendu — on lit souvent « 70 % » — n’est établie par aucun texte ni aucune publication officielle : ni le HCSF, ni l’ACPR, ni la Banque de France, ni l’ANIL ne la fixent. C’est un usage d’établissement, variable — d’où un même dossier qui passe ici et tombe là.
- La durée de 25 ans. Plafond du HCSF, pas une norme : la banque reste libre de s’arrêter à 20. Observatoire Crédit Logement, analyse d’août 2026 : 3,27 % en moyenne sur 20 ans, 3,35 % sur 25 ans, sans garantie. L’effet sur le cash flow est dans notre guide emprunter sur 20 ou 25 ans.
- Le différé pendant les travaux. Le HCSF l’encadre — travaux d’au moins 10 % du coût total, 27 ans au plus — sans l’imposer à personne : une banque peut le refuser tout en restant dans le cadre.
- L’assurance déléguée. Ici, le droit est de votre côté : l’article L. 313-30 du code de la consommation, dans sa version issue de la loi du 28 février 2022, interdit au prêteur de refuser « un autre contrat d’assurance dès lors que ce contrat présente un niveau de garantie équivalent », et exige que tout refus soit « explicite » et motivé.
- La domiciliation des revenus. Elle ne peut plus être une condition du prêt : l’article L. 313-25-1 du code de la consommation, qui l’autorisait contre un avantage, a été abrogé par la loi du 22 mai 2019. Elle reste une demande commerciale, à accepter contre un taux — ou à refuser en sachant que l’accord peut alors ne pas venir.
- L’interlocuteur. Aucun texte. Mais un projet chiffré et défendu par quelqu’un vaut souvent mieux qu’un formulaire envoyé à un algorithme.
Le même projet, lu de trois façons
Voici un exemple pédagogique, entièrement construit pour l’exercice — ce n’est pas un dossier réel, la maison n’en publie aucun. Un couple aux revenus nets de 4 200 € par mois, qui rembourse déjà 900 € par mois pour sa résidence principale, assurance comprise, achète un appartement à rénover pour le louer meublé. Tout se calcule au coût total, jamais sur le prix de l’annonce.
D’abord, le coût total
Loyer retenu : 1 550 € hors charges, une hypothèse de l’exercice. Soit 823 € par tranche de 100 000 € investis : le filtre maison des 800 € est franchi, sans marge. Avec 18 250 € d’apport, il reste 170 000 € à emprunter.
Sur 20 ans à 3,15 % — une hypothèse, la Banque de France relevait 3,27 % en juin 2026 —, la mensualité ressort à 956 €, plus 48 € d’assurance emprunteur : 1 004 €. Sur 25 ans, 819 € plus 48 € : 868 €. Voici maintenant le taux d’effort, calculé selon la méthode du HCSF — les loyers retenus s’ajoutent aux revenus —, tel que trois guichets différents peuvent le lire.
| La lecture | Charges d’emprunt | Revenus retenus | Taux d’effort |
|---|---|---|---|
| Loyer retenu à 70 %, prêt sur 20 ans | 900 + 1 004 = 1 904 € | 4 200 + 1 085 = 5 285 € | 36,0 % — refus |
| Loyer retenu à 70 %, prêt sur 25 ans | 900 + 868 = 1 768 € | 5 285 € | 33,5 % — passe |
| Loyer retenu à 100 %, prêt sur 20 ans | 1 904 € | 4 200 + 1 550 = 5 750 € | 33,1 % — passe |
Même couple, même bien, même coût total. Le guichet qui retient 70 % du loyer et s’arrête à 20 ans dit non, à un point près. Le même guichet sur 25 ans dit oui. Un guichet qui retient le loyer entier dit oui sur 20 ans. Aucun des trois ne sort du cadre du HCSF : ils lisent simplement une ligne — la part du loyer — que le cadre ne fixe pas. C’est toute la réponse à « quelle banque » : celle dont la lecture fait passer votre dossier — et vous ne le savez pas avant d’avoir demandé.
Reste le calcul qui compte pour vous, pas pour la banque : le cash flow. Méthode maison — vacance 5 %, gestion 7 % de l’encaissé, 1 000 € de charges de copropriété non récupérables, 1 100 € de taxe foncière, 200 € d’assurance propriétaire, 500 € d’entretien, 30 € par mois de comptabilité, toutes hypothèses de l’exercice. Sur 20 ans, il reste environ + 102 € par mois ; sur 25 ans, environ + 238 €, au prix d’environ 16 500 € d’intérêts supplémentaires sur la vie du prêt. Chez ORELLIA, un bien n’est présenté que s’il laisse au moins 200 € par mois, tout payé : dans cet exemple, la durée que la banque accepte décide aussi de si le bien mérite d’être présenté.
Comment lire un refus
Un refus arrive rarement avec ses raisons, et la loi ne les exige pas. L’article L. 313-16 du code de la consommation oblige seulement le prêteur à vous informer du rejet « dans les meilleurs délais » — et, si le refus repose sur le fichier des incidents de remboursement, à vous le dire et à vous communiquer le résultat de la consultation. Pour tout le reste, la décision est discrétionnaire. Voici comment en tirer quelque chose.
- Demandez le point de blocage, par écrit. Pas les motifs — la banque n’a pas à les donner — mais lequel des quatre points a buté : taux d’effort, reste à vivre, tenue des comptes, apport. Un conseiller le dit souvent quand on le lui demande simplement.
- Distinguez le refus de dossier du refus de guichet. « Nous ne faisons pas de locatif en ce moment » ou « pas de différé » sont des refus de guichet : le dossier n’est pas en cause, il faut le porter ailleurs. « Le taux d’effort ressort à 38 % » est un refus de dossier : il vous suivra partout.
- Un refus n’engage pas les autres banques. Chaque établissement lit le dossier avec sa propre grille : deux ou trois dépôts dans des guichets de types différents renseignent beaucoup.
- Un refus de dossier se traite, pas se contourne. Découverts, petits crédits, apport insuffisant : les causes se règlent en quelques mois, et le même projet peut être redéposé. C’est le plan de notre guide devenir finançable — et si « sans apport » est le mot que vous avez entendu, notre guide de l’investissement locatif sans apport dit ce que le 110 % exige en contrepartie.
La bonne question : quel dossier
Tout ce qui précède mène à la même conclusion. Les banques partagent un cadre, se distinguent sur des usages que rien n’oblige à publier, et changent d’avis avec le trimestre. Chercher « la bonne banque » revient à viser une cible qui bouge ; construire le dossier qui passe dans plusieurs lectures revient à ne plus dépendre de la cible. C’est pour cela que chez ORELLIA, le financement se règle avant la recherche du bien, jamais après : un projet chiffré au coût total, un taux d’effort calculé avec le loyer retenu à 70 % et non à 100 %, un apport qui couvre les frais, des relevés propres — et alors la question du guichet devient une question de conditions, pas d’accord.
Le premier appel, trente minutes, gratuit, est tenu par notre équipe : il sert à poser vos chiffres et à dire franchement si le dossier est prêt, ou ce qu’il lui manque. Le rendez-vous stratégie est tenu par le fondateur. Le prix de l’accompagnement, fixe, se dit au premier appel. Le montage bancaire lui-même revient au courtier, qui travaille à distance, à Nice comme partout en France.
L’outil de la maison
Le simulateur de rentabilité ORELLIA
Entrez un prix, des travaux, un loyer, un apport et une durée : il pose le calcul complet — coût total, mensualité, cash flow mensuel, règle des 800 € par tranche de 100 000 € — et rend son verdict. Gratuit, sans inscription.
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