La ligne 4 sur le papier : tracé, stations, calendrier officiel
D’après la page que la métropole Nice Côte d’Azur lui consacre, consultée en septembre 2026, la ligne 4 part de Nice Saint-Augustin et du Grand Arénas — là où passent déjà les lignes 2 et B —, traverse le Var, dessert Saint-Laurent-du-Var puis Cagnes-sur-Mer, et s’arrête au parc des sports Sauvaigo. 7,1 kilomètres, 18 stations dont 14 nouvelles, une rame toutes les huit minutes, 23 minutes de bout en bout. Quatre parcs-relais sont prévus — gare de Saint-Laurent-du-Var, Val-Fleuri, hippodrome, parc des sports. Le projet table sur 40 000 voyageurs par jour, un chiffre que le maire de Cagnes met lui-même en doute (Nice Premium, 6 avril 2026). Budget affiché : 328 millions d’euros hors taxes.
Le calendrier affiché par la métropole en septembre 2026
Source : métropole Nice Côte d’Azur, page « Ligne 4 de tramway », dernière actualité du 3 novembre 2025. C’est le calendrier d’avant les élections : la suite explique pourquoi il ne suffit plus.
Ce n’est pas le premier calendrier : le projet a été annoncé pour 2014, puis 2020, puis 2026, avant 2031 — la liste est celle du futur maire de Cagnes-sur-Mer lui-même, au micro d’ICI Azur le 19 février 2026. Qui aurait acheté « pour le tramway » il y a plus de dix ans attend toujours.
Où en est le projet en septembre 2026 : ce que les élus ont dit
Les municipales des 15 et 22 mars 2026 ont changé la donne. À Cagnes-sur-Mer, le nouveau maire, Bryan Masson, s’était engagé pendant la campagne à abandonner la ligne 4, pour développer à la place un bus à haut niveau de service — un bus sur voie réservée, comme un tramway sans les rails. Le 6 avril 2026, une fois installé, il l’a confirmé, en écartant tout nouveau référendum (Nice Premium). À Nice, Éric Ciotti, depuis élu maire et président de la métropole — la collectivité qui porte le projet —, avait prévenu le 14 janvier 2026, alors candidat : « nous ne violerons pas les communes » (Nice Presse). Il avait lié l’avenir de la ligne au choix de Cagnes ; le 29 mars 2026, Nice Premium en concluait à un abandon probable.
En face, l’ancien maire de Nice Philippe Pradal a demandé un référendum local le 8 avril 2026 (Nice Presse). Et le droit, lui, n’a pas bougé : le 7 juillet 2026, le tribunal administratif de Nice a rejeté le recours de riverains contre la déclaration d’utilité publique du 26 octobre 2023. Le projet reste juridiquement autorisé et politiquement contesté ; Nice Premium évoque désormais un horizon 2040, ce qui revient à dire : pas de date.
Sur le site de la métropole
2030
Mise en service entre Nice et Cagnes-sur-Mer, puis centre de Cagnes fin 2031.
Dans les déclarations des élus
Abandon
Annoncé par le maire de Cagnes le 6 avril 2026, bus en site propre à la place.
Au 6 septembre 2026, nous n’avons trouvé ni délibération de la métropole abandonnant la ligne, ni calendrier révisé. Entre une page officielle non mise à jour et des déclarations sans acte, un investisseur retient la version la moins favorable.
Les quartiers concernés, de Saint-Augustin à Cagnes
Trois communes, trois situations différentes.
Nice Saint-Augustin et le Grand Arénas : déjà desservis
Le départ de la ligne 4 est un endroit qui n’a pas besoin d’elle. La ligne 2 du tramway y passe depuis 2018 — ouverte par tronçons du 30 juin 2018 au 14 décembre 2019 —, et sa branche vers le CADAM est devenue la ligne B le 6 janvier 2025. Gare de Saint-Augustin, gare routière du Grand Arénas, aéroport : la desserte existe, et le quartier se loue à des salariés de l’aéroport et du Grand Arénas, à des familles, à des personnes en mission. Notre guide des quartiers où investir à Nice en parle avec l’ouest niçois. La ligne 4 y ajouterait une correspondance vers l’ouest, pas une desserte.
Saint-Laurent-du-Var : la gare, Cap 3000, des stations promises
La commune n’attend pas le tramway pour être desservie : gare TER sur la ligne Cannes–Nice–Menton, Cap 3000 et la zone d’activités du bord du Var qui emploient sur place, l’aéroport de l’autre côté du fleuve. Notre guide où investir sur la Côte d’Azur la décrit comme la moins saisonnière des villes de la côte : 32 172 habitants, 10,1 % de résidences secondaires (INSEE, recensement 2023). Le revers est dans les prix : 5 100 à 5 800 € le mètre carré dans l’ancien selon les baromètres publics de l’été 2026, sans garantie — au niveau de Nice, parfois au-dessus —, pour un loyer d’annonce de 19,6 €/m² charges comprises (Carte des loyers ANIL 2025), contre 20,4 à Nice. Plus cher, moins bien loué : le tramway annoncé est dans ces prix depuis des années.
Cagnes-sur-Mer : la ville qui ne veut plus du tramway
C’est à Cagnes que le tracé s’achève : le centre-ville, puis le terminus du parc des sports Sauvaigo, l’un des quatre parcs-relais annoncés par la métropole. 53 354 habitants, 40,7 % de locataires (INSEE, 2023), Polygone Riviera, le Cros-de-Cagnes, une gare TER ; 4 900 à 5 600 € le mètre carré à l’été 2026, sans garantie, et le même loyer ANIL de 19,6 €/m². Ici, la question n’est plus « quand » mais « si » : un bien cagnois payé avec une prime pour le tramway est un bien payé trop cher, jusqu’à preuve du contraire.
Ce qu’un tramway fait aux prix et aux loyers — honnêtement
L’idée reçue : une ligne annoncée fait monter les prix, une ligne ouverte les fait monter encore. La réalité est moins nette, et les sources publiques rares. La seule étude récente trouvée sur des lignes en projet est celle des Notaires du Grand Paris, publiée le 23 novembre 2021 sur les 69 futures gares du Grand Paris Express : les prix à moins de 800 mètres d’une future gare et ceux situés entre 800 mètres et 1,5 kilomètre évoluent en parallèle depuis 2008, avec un écart stable d’environ 300 € le mètre carré : les gares sont annoncées, les prix n’ont pas décollé pour autant. Pour Nice, nous n’avons trouvé aucune étude publique isolant l’effet des lignes 1 et 2 sur les prix : nous ne donnerons donc pas de pourcentage.
Ce que l’on peut dire sans chiffre, c’est le mécanisme. Un tramway qui existe élargit le cercle des locataires possibles — quelqu’un qui travaille à l’aéroport ou à Cap 3000 accepte un logement à quelques stations — et réduit la vacance ; c’est cela qui compte, plus qu’un loyer supérieur. Car le loyer ne monte pas librement : à Nice et dans son agglomération, en zone tendue, le loyer d’un logement reloué est plafonné au loyer du locataire précédent, sauf travaux importants ou loyer manifestement sous-évalué. Notre guide des loyers à Nice en zone tendue détaille la règle. Un tramway ne la contourne pas.
Et il y a l’autre face : un tramway en construction, c’est des années de chantier devant l’immeuble — rues fermées, commerces qui souffrent, locataires qui partent. Selon le calendrier affiché, les infrastructures occuperaient l’axe de 2027 à 2029. Ce n’est pas un argument contre ; c’est un élément du calcul.
Un exemple chiffré, au coût total, à pied du futur tracé
Posons un cas pédagogique — entièrement construit pour l’exercice, ce n’est pas un dossier réel, mais chaque ligne suit notre méthode. Un deux-pièces ancien de 40 m² à Saint-Laurent-du-Var, à quelques minutes à pied de la gare et d’une station promise, affiché 218 000 € — 5 450 € le mètre carré, le milieu de la fourchette des baromètres. Négocié, rafraîchi, meublé, loué 850 € hors charges — au-dessus du loyer moyen ANIL, qui s’entend charges comprises, parce qu’il est meublé, à pied de la gare et refait. D’abord le coût total, la seule base honnête.
D’abord, le coût total
Avec 25 000 € d’apport, il reste 213 375 € à emprunter. Sur vingt ans à 3,15 % — notre hypothèse de travail —, la mensualité ressort à environ 1 199 €, plus une soixantaine d’euros d’assurance emprunteur : environ 1 260 € sortent chaque mois, quoi qu’il arrive.
Ensuite, une année de location — 850 € par mois hors charges
Soit environ − 733 € par mois, à sortir de sa poche.
Le filtre maison rend le même verdict : 850 € de loyer pour 238 375 € investis, c’est environ 357 € par tranche de 100 000 €, loin du seuil des 800 €. Pour le passer avec ce loyer, il faudrait un coût total d’environ 106 000 € — introuvable pour 40 m² à Saint-Laurent-du-Var, tramway ou non. Aucune station, existante ou promise, ne rattrape un prix d’achat au niveau niçois pour un loyer inférieur. Ce qui fait passer une opération, nous l’expliquons dans notre guide du cash flow à Nice : un bien acheté nettement sous le prix moyen, des travaux qui créent de la valeur, une façon de louer choisie — jamais un calendrier de transports.
Acheter près d’un tracé sans payer une promesse : nos règles
- Le bien tient sans le tramway. Faites le calcul comme si la ligne n’existait pas — au coût total, avec le loyer d’aujourd’hui. Si le compte n’y est qu’avec la station, il n’y est pas.
- Une desserte qui existe vaut plus qu’une desserte annoncée. La gare TER de Saint-Laurent-du-Var, la ligne 2 à Saint-Augustin, la ligne 1 à Libération ou Saint-Roch sont là. Le prix près d’une station ouverte est une réalité ; près d’une station promise, c’est une opinion.
- Vérifiez la date de la source. Page institutionnelle non mise à jour, article de 2023, plaquette « à deux pas de la future station » : le calendrier de la ligne 4 se lit avec sa date. Au 6 septembre 2026, la seule position publique du maire de Cagnes est l’abandon.
- Comptez le chantier. Si la ligne se faisait, l’axe serait en travaux de 2027 à 2029. Vacance, locataires qui partent, commerces fermés : à intégrer, pas à ignorer.
- Négociez sur les ventes réelles. Les prix signés dans la rue — base DVF, publique — sont la seule référence. Une annonce qui vaut plus « grâce au tramway » se négocie à partir des ventes voisines.
Et la ligne 5 ?
À l’est, le projet de ligne 5 — 7,6 kilomètres, 16 stations, de Nice à Drap par l’Ariane, d’après les éléments publics — est moins avancé. Le 29 mars 2026, Nice Premium le décrivait comme une priorité affichée du nouveau maire de Nice, tracé et terminus restant à caler avec La Trinité. Pas de calendrier ferme, et la même règle : l’est niçois se juge sur ce qu’il rapporte aujourd’hui, avec la ligne 1 qui existe. Notre guide de Riquier et Saint-Roch en donne les repères.
Faites le calcul sans le tramway
Chaque chiffre de cet exemple sort de la mécanique de notre simulateur, qui est publique. Entrez-y le bien que vous regardez, avec le loyer d’aujourd’hui.
L’outil de la maison
Le simulateur de rentabilité ORELLIA
Un prix, des travaux, un loyer : coût total, cash flow mensuel, règle des 800 € par tranche de 100 000 €, et un verdict. Gratuit, sans inscription.
Ouvrir le simulateurEt si vous préférez poser vos chiffres avec quelqu’un, le premier appel avec l’équipe dure trente minutes, il est gratuit, et il sert à ça — y compris pour vous dire qu’un bien « près du futur tramway » ne tient pas ses chiffres.