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Conseils · Chasseur ou agent immobilier

Chasseur immobilier ou agent immobilier : qui travaille pour vous ?

La réponse en brefMis à jour en septembre 2026

La différence tient en une phrase : l’agent immobilier détient le plus souvent un mandat signé par le vendeur, et sa commission est assise sur le prix de vente ; le chasseur détient un mandat de recherche signé par l’acheteur, et cherche un bien qu’il n’a pas. Tout le reste est identique : même carte, même garantie, même paiement après la vente. Reste à savoir si un chasseur vous rapporte plus qu’il ne vous coûte — souvent non, parfois oui.

Le mandat qui sépare les deux métiers, le cadre légal qu’ils partagent, ce que chacun coûte d’après les barèmes publics relevés en septembre 2026, et la troisième position — celle du conseil qui ne cherche pas le bien.

La différence tient en une phrase : qui a signé le mandat

Un agent immobilier et un chasseur immobilier exercent le même métier au regard de la loi. Ce qui les distingue n’est ni la compétence, ni la carte : c’est le contrat signé, et donc la personne pour laquelle ils travaillent.

L’agent immobilier détient, le plus souvent, un mandat de vente : le vendeur l’a signé, le vendeur l’a choisi, et sa rémunération est un pourcentage du prix de vente. L’Autorité de la concurrence l’écrit sans détour dans son avis n° 23-A-07 du 2 juin 2023 sur le marché français de l’entremise immobilière : « En France, le professionnel de l’entremise immobilière représente quasi systématiquement le vendeur » (paragraphe 4).

Le chasseur immobilier détient un mandat de recherche, et c’est vous qui l’avez signé : il ne vous montre pas un bien qu’il a en portefeuille, il cherche un bien qu’il n’a pas et négocie dans votre camp. Le même avis le décrit comme le professionnel « qui accompagne l’acheteur (et non le vendeur) dans sa recherche » (paragraphe 141) et note que cette profession, née en France au début des années 2000, occupe « une part plus résiduelle » du marché (paragraphe 104).

Quand vous visitez avec un agent immobilier, personne dans la pièce n’est payé davantage si le prix baisse. Ce n’est pas un reproche : c’est le contrat. Un bon agent est loyal, informé, précieux — il connaît la rue, l’immeuble, le vendeur. Simplement, il ne vous doit pas la négociation : il ne l’a pas promise à vous.

Chasseur immobilier, c’est quoi : la même carte, le même cadre

La loi ne connaît pas le mot « chasseur ». Elle connaît une liste d’opérations : la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet, s’applique à qui prête son concours, à titre habituel, à « l’achat, la vente, la recherche, l’échange, la location ou sous-location » d’immeubles — article 1er, 1°, lu sur Légifrance le 7 septembre 2026. Le mot « recherche » n’y a pas toujours figuré : il y a été ajouté par l’article 24 de la loi ALUR, la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014, en vigueur depuis le 27 mars 2014. Avant, on rattachait la chasse à l’entremise par interprétation ; depuis, le texte la nomme.

Conséquence : les deux métiers doivent exactement les mêmes garanties — carte professionnelle délivrée par le président de la chambre de commerce et d’industrie territoriale, aptitude professionnelle justifiée, garantie financière, assurance de responsabilité civile professionnelle, absence d’incapacité d’exercer (article 3, version en vigueur au 17 juillet 2025). Un chasseur sans carte n’est pas un chasseur : demandez le numéro, comme pour une agence.

Les deux sont payés au résultat, et seulement au résultat. L’article 6 est net : aucune somme représentative d’honoraires, de frais de recherche, de démarche, de publicité ou d’entremise n’est due, ni ne peut être exigée ou acceptée, « avant qu’une des opérations visées audit article ait été effectivement conclue et constatée dans un seul acte écrit contenant l’engagement des parties » (version en vigueur depuis le 1er octobre 2016). La formule mérite d’être lue deux fois : le texte ne dit pas « acte authentique », il dit l’acte écrit qui contient l’engagement des parties — dans une vente sous conditions suspensives, c’est bien l’acte authentique chez le notaire. Ni acompte, ni frais de dossier, ni abonnement. Le même article exige aussi que le mandat dise comment la rémunération se détermine et qui en a la charge.

Ce qui les sépareL’agent immobilierLe chasseur immobilier
Qui signe le mandatLe vendeur, le plus souventVous, l’acheteur
Ce qu’il apporteUn bien qu’il a en portefeuilleUne recherche, pas un bien
Assiette de sa rémunérationUn pourcentage du prix de venteUn pourcentage du prix d’achat, ou plus rarement un forfait
Son intérêt sur le prixQu’il monteQu’il monte aussi, s’il est au pourcentage ; neutre s’il est au forfait
Carte, garantie, assurance, paiement après la venteObligatoiresObligatoires, à l’identique

Ce que ça change sur l’argent

Commençons par l’ordre de grandeur que personne n’affiche. Dans le même avis, l’Autorité de la concurrence a calculé le taux moyen de commission pratiqué en France : 5,78 % TTC du prix de vente en 2022, sur 770 000 transactions réalisées par l’entremise d’un professionnel (paragraphe 235) — soit 14 450 € sur un bien à 250 000 €. Ces honoraires représentent « quasiment la moitié des frais de transaction lors d’une vente », au même niveau que les droits de mutation (paragraphe 230), et le taux est dégressif : plus le prix monte, plus le pourcentage baisse.

Qui paie ? « Pour la majorité des ventes, les frais d’agence incombent initialement au vendeur », note l’avis, avant de décrire « une tendance à les reporter vers l’acheteur » (paragraphe 262). Et la ligne du mandat compte : les droits de mutation se calculent sur le prix augmenté des honoraires quand le vendeur les supporte, sur le seul prix quand ils sont à la charge de l’acquéreur — sur un bien à 300 000 €, 18 437 € contre 17 430 € (paragraphe 263).

Côté chasseur, il n’existe pas de moyenne officielle. L’avis note seulement que ses honoraires prennent « la forme d’un taux de commission proportionnel au prix d’achat ou, plus rarement, un forfait fixe » (paragraphe 143). Nous avons donc lu, le 7 septembre 2026, les barèmes que des chasseurs français publient sur leur site. Voici ce qu’ils donnent sur un achat à 250 000 €, sans garantie.

Un achat à 250 000 € — barèmes publics relevés le 7 septembre 2026

2,5 % TTC — un cabinet, quand le bien est vendu par une agence6 250 €
Plancher d’un réseau national (2 à 3 % annoncés, minimum 6 900 € TTC)6 900 €
3 % TTC — la moyenne que les chasseurs parisiens affichent eux-mêmes7 500 €
Forfait d’un autre réseau national, tout bien jusqu’à 250 000 €7 900 €
4 % TTC — le même cabinet, quand le bien est vendu par un particulier10 000 €

Du simple au double pour la même mission. Le cas de figure pèse parfois plus que le taux : ce cabinet écrit partager le plus souvent la commission de l’agence du vendeur, et le surcoût est alors nul. Sans partage, les deux s’additionnent.

Un chasseur n’est donc ni cher ni bon marché dans l’absolu : il est rentable, ou il ne l’est pas. Chaque euro négocié en moins sur le prix vous en fait économiser un, plus environ 7,5 % de frais de notaire dans l’ancien. Pour couvrir 7 500 € d’honoraires, il faut donc obtenir environ 7 000 € de baisse : 7 000 € négociés, c’est 7 525 € de coût total en moins. En dessous, vous avez acheté du confort ; au-dessus, vous avez gagné de l’argent.

Un cas pédagogique, construit pour l’exercice : un appartement ancien affiché 265 000 €, 15 000 € de travaux, 8 000 € de meubles. Seul, vous négociez 260 000 €. Avec un chasseur payé 7 500 €, vous obtenez 250 000 €.

Seul, à 260 000 €

302 500 €

Coût total : prix, notaire à 7,5 %, travaux, meubles.

Avec chasseur, à 250 000 €

299 250 €

Le même coût total, honoraires compris : 3 250 € de moins.

Exemple pédagogique. Le filtre de la maison — 800 € de loyer hors charges par tranche de 100 000 € de coût total — réclame 2 420 € par mois dans le premier cas, 2 394 € dans le second : si ce bien se loue 1 500 €, aucun des deux ne passe. Un chasseur déplace la marge de négociation, il ne change pas le verdict.

Chasseur immobilier : avantages et inconvénients, honnêtement

Quand il ne sert à rien

En marché détendu, d’abord. Là où les annonces restent en ligne des mois et où le vendeur attend, le travail du chasseur — voir vite, décider vite — n’a plus grand-chose à vendre. L’Autorité le constate à sa façon : les chasseurs « tentent de développer une clientèle dans les zones non tendues, où il peut être difficile de convaincre les acheteurs de signer un mandat de recherche » (paragraphe 144). Difficile à vendre, parce que difficile à justifier.

Ensuite, si vous avez du temps et connaissez votre ville. Les outils du chasseur sont les vôtres : l’avis précise que la recherche « se fait par les portails d’annonces ou des logiciels permettant de répertorier les biens à vendre » (paragraphe 142). Ajoutez la base des ventes réellement signées, publiée gratuitement par l’État : il ne vous manque que l’habitude de dire non à trente biens de suite.

Enfin, si le budget est serré : sur un petit achat, un plancher de 6 900 € pèse lourd dans le coût total — et c’est lui, jamais le prix affiché, qui décide d’un rendement, comme le détaille notre guide du rendement brut et net.

Quand il change tout

En marché tendu, un bien correct part avant d’être publié, ou dans les deux jours : qui ne visite que le samedi ne verra que les invendus. Le chasseur est disponible en semaine, connaît les agences du secteur et se déplace dans l’heure. Ce n’est pas du luxe, c’est de l’accès.

Quand vous achetez loin, ensuite. Depuis Paris, la Suisse, Monaco ou l’étranger, chaque visite coûte un voyage, et déléguer le tri devient rationnel — à condition d’exiger pour chaque bien un compte rendu écrit et des photos honnêtes, y compris de ce qui va mal. Le sujet est traité dans notre guide investir à Nice depuis l’étranger.

Et si vous ne savez pas encore lire un rendement, posez la limite tout de suite : un chasseur vous trouve un bien, pas un calcul. Cahier des charges chiffré, loyers sourcés, copropriété lue avant l’offre, rapport écrit pour chaque bien : tout cela s’exige, et s’écrit dans le mandat. Nous détaillons ces exigences dans notre guide du chasseur immobilier à Nice pour un investisseur.

Agent immobilier et investissement locatif : ce que le mandat ne couvre pas

Peut-on faire un investissement locatif avec un agent immobilier classique ? Bien sûr, et c’est même le cas le plus fréquent : un agent installé connaît le stock de sa rue, l’état d’une copropriété, le prix auquel le voisin a signé. C’est une matière première que personne d’autre n’a.

Mais son mandat ne lui demande pas ce que vous, investisseur, devez savoir. L’Autorité de la concurrence a dressé en 2023 le tableau des missions réellement effectuées par chaque catégorie de professionnel (paragraphe 150) : prospection, signature de mandats, visites, rédaction et diffusion de l’annonce, sélection des dossiers, négociation, conseils juridiques, compromis. Aucune ligne sur le rendement, la fiscalité ou le financement. Ajoutez la mécanique du paiement au résultat : comme tous les mandats n’aboutissent pas, le professionnel « va fixer ses honoraires en internalisant ce risque » (paragraphe 265).

Il est donc payé quand la vente se fait, pas quand elle est bonne pour vous. C’est vrai de l’agent comme du chasseur au pourcentage. La conclusion n’est pas de s’en passer : c’est de ne pas leur demander le calcul, qui se fait sur le coût total, avant l’offre, honoraires de tout le monde compris.

La troisième position : ni vendeur, ni chasseur

Il existe un troisième cas de figure, et c’est celui d’ORELLIA : une société de conseil et de coordination, qui ne détient ni mandat de vente ni mandat de recherche, et ne touche aucun pourcentage sur le prix d’un bien.

  • Elle ne cherche pas le bien. La recherche est faite par un agent immobilier titulaire de la carte, mandaté par vous, sur place. Ses honoraires sont écrits dans son mandat et vous le payez directement, chez le notaire, au succès : rien ne transite par ORELLIA, pas plus que l’argent du notaire, du courtier, du comptable ou des artisans.
  • Pourquoi elle ne fait pas de chasse. Parce que juger si un prix est bon et être payé sur ce prix sont deux missions qui se contredisent. L’accompagnement se paie au forfait, connu avant de commencer : il ne bouge pas si le bien coûte 200 000 € ou 300 000 €.
  • Ce qu’elle fait à la place. La stratégie, le cahier des charges chiffré avant la première visite, l’analyse écrite de chaque bien au coût total, la coordination des métiers, le suivi du calendrier, le bilan de clôture.
  • Ce qu’elle ne fait pas. Elle ne vend ni bien, ni crédit, ni montage ; elle ne monte aucun dossier bancaire, c’est le courtier ; elle ne garantit ni loyer, ni rendement, ni accord de banque. Dix dossiers à la fois, pas plus : le détail est sur la page de l’accompagnement, les fourchettes du marché dans notre guide combien coûte un accompagnement.

Faites le calcul avant de choisir

La question ne se tranche pas en principe : elle se tranche sur un coût total. Ajoutez les honoraires envisagés au prix, au notaire, aux travaux et aux meubles, puis regardez ce que le loyer doit valoir pour que l’opération tienne.

L’outil de la maison

Le simulateur de rentabilité ORELLIA

Entrez un prix, des travaux, un loyer : il pose le calcul complet — coût total, cash flow mensuel, règle des 800 € par tranche de 100 000 € — et rend son verdict. Gratuit, sans inscription.

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Et si vous préférez poser la question à voix haute, le premier appel dure trente minutes, il est gratuit, et il sert à ça — y compris à vous dire qu’un chasseur ne vous servirait à rien.

Vos questions

Chasseur ou agent immobilier : ce qu’on nous demande.

Un chasseur immobilier est-il un agent immobilier ?

Juridiquement, oui. La loi Hoguet range « la recherche » d’immeubles parmi les opérations qu’elle encadre, depuis que la loi ALUR du 24 mars 2014 l’y a inscrite : un chasseur doit donc la même carte professionnelle, la même garantie financière et la même assurance qu’une agence, et il ne peut rien encaisser avant que la vente soit conclue. Ce qui change, c’est le mandat : l’agence a signé avec le vendeur, le chasseur signe avec vous. Même métier réglementé, deux camps opposés.

Chasseur immobilier : quels avantages, quels inconvénients ?

Avantages : quelqu’un est enfin payé pour tenir votre côté de la table, il visite à votre place, il voit certains biens avant vous et il connaît les prix réellement signés. Inconvénients : ses honoraires s’ajoutent au coût total — de 6 250 à 10 000 € sur un achat à 250 000 € d’après les barèmes publics relevés en septembre 2026 ; payé au pourcentage du prix d’achat, son intérêt n’est pas de le faire baisser ; et il vous trouve un bien, pas un rendement. En marché détendu, il se justifie rarement.

Un agent immobilier peut-il conseiller sur un investissement locatif ?

Il le peut, et beaucoup le font bien : personne ne connaît mieux le stock d’une rue, l’état d’une copropriété ou le prix réellement signé. Mais son mandat ne le lui demande pas. Le tableau des missions dressé par l’Autorité de la concurrence en 2023 liste la prospection, les visites, l’annonce, la sélection des dossiers, la négociation, le compromis — aucune ligne sur le rendement, la fiscalité ou le financement. Demandez le calcul par écrit, ou faites-le faire ailleurs.

Peut-on négocier les honoraires d’un chasseur ou d’une agence ?

Oui. Depuis avril 2022, un particulier est officiellement autorisé à négocier les honoraires d’un professionnel de l’immobilier : l’arrêté du 26 janvier 2022 a modifié sur ce point celui du 10 janvier 2017, et l’Autorité de la concurrence relève que la plupart des professionnels acceptaient déjà de baisser leur taux. Le moment utile, c’est avant de signer le mandat : après, l’acheteur qui s’est projeté dans le bien ne renégocie plus. Faites écrire le montant, l’assiette et qui paie.

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