Aller au contenu

Ce qui change · Location

La plateforme européenne de règlement des litiges a fermé.

La réponse en bref

La plateforme européenne de règlement en ligne des litiges a cessé d’exister le 20 juillet 2025. Le lien vers cette adresse, que tout professionnel vendant en ligne devait faire figurer, est à retirer des conditions générales. L’obligation d’indiquer un médiateur de la consommation, elle, reste entière et reste sanctionnée.

Le texte, et les trois dates qu’il porte

Le texte est le règlement (UE) 2024/3228 du Parlement européen et du Conseil du 19 décembre 2024, publié au Journal officiel de l’Union européenne du 30 décembre 2024. Son article premier abroge le règlement (UE) n° 524/2013 « avec effet au 20 juillet 2025 ». Son article 2 fixe le reste : le dépôt de nouvelles plaintes a pris fin le 20 mars 2025, et toutes les données des dossiers ont été supprimées au plus tard le 20 juillet 2025. La Commission européenne le confirme sur son site. Le motif tient dans les considérants : environ 200 dossiers transmis par an dans toute l’Union.

Qui est concerné, qui ne l’est pas

Sont concernés les professionnels qui contractent en ligne avec des consommateurs : autour d’un investissement locatif, agences immobilières, administrateurs de biens et sociétés de gestion locative, conciergeries, chasseurs de biens et diagnostiqueurs. Le règlement de 2013 leur imposait un lien facilement accessible vers la plateforme. Ce lien ne mène plus nulle part.

N’est pas concerné le bailleur particulier dans sa relation avec son locataire : il n’agit pas à des fins professionnelles au sens de l’article liminaire du code de la consommation. L’obligation vise ses prestataires, pas lui.

Ce qu’il faut faire, et ce que coûte l’oubli

Deux gestes. Retirer le lien mort partout où il figure. Puis vérifier que les coordonnées du médiateur de la consommation, elles, y figurent bien : l’article L. 612-1 du code de la consommation ouvre à tout consommateur le droit de recourir gratuitement à un médiateur, et l’article L. 616-1 oblige le professionnel à en communiquer les coordonnées — site internet, conditions générales ou bons de commande, avec l’adresse du site du médiateur, précise l’article R. 616-1.

L’exemple qui suit est pédagogique. Ce n’est pas le lien mort qui est sanctionné : l’amende de l’article L. 641-1 vise le défaut d’information. Une société de gestion locative qui nettoie ses conditions générales sans y vérifier les coordonnées du médiateur s’y expose — jusqu’à 15 000 € pour une personne morale, 3 000 € pour une personne physique.

Un dernier point, dit franchement : l’article L. 616-2, toujours en vigueur, renvoie à l’article 14 d’un règlement qui n’existe plus. Il est sans objet, et aucun texte français ne l’a retiré du code à la date de cette brève.

Un lien mort dans des conditions générales dit quelque chose de la tenue d’une maison. Le guide pour choisir un accompagnement détaille ce qu’on y regarde.

Sources

Règlement (UE) 2024/3228 du Parlement européen et du Conseil du 19 décembre 2024 abrogeant le règlement (UE) n° 524/2013 et modifiant les règlements (UE) 2017/2394 et (UE) 2018/1724 en vue de l’abandon de la plateforme européenne de règlement en ligne des litiges, Journal officiel de l’Union européenne, série L, du 30 décembre 2024 (article premier, article 2, considérants 3 et 4) — eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/3228/oj

Commission européenne, « The European Online Dispute Resolution (ODR) Platform is discontinued as of 20 July 2025 », portail Consumer Redress — consumer-redress.ec.europa.eu/site-relocation_en

Article liminaire du code de la consommation (définitions du consommateur et du professionnel), version en vigueur depuis le 24 avril 2024 — legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049464063

Article L. 612-1 du code de la consommation (droit de recourir gratuitement à un médiateur), version en vigueur depuis le 1er juillet 2016 — legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032224805

Articles L. 616-1 et R. 616-1 du code de la consommation (communication des coordonnées du médiateur et supports d’information), versions en vigueur depuis le 1er juillet 2016 — legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032224762 et legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032808378

Article L. 616-2 du code de la consommation (renvoi à l’article 14 du règlement (UE) n° 524/2013), version en vigueur au 7 septembre 2026 — legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032224760

Article L. 641-1 du code de la consommation (amende administrative de 3 000 € et 15 000 € pour manquement aux articles L. 616-1 et L. 616-2) — legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032224624

Le premier appel

Une question sur le prestataire que vous envisagez ?

Trente minutes au téléphone, sans engagement, pour poser les bonnes questions — y compris celles qui fâchent.

Réserver un appel