Ce qui change · Financement
Les règles du crédit immobilier fixées par le HCSF.
La réponse en brefPublié le 7 septembre 2026
Deux critères encadrent le crédit immobilier depuis le 1er janvier 2022 : un taux d’effort qui n’excède pas 35 % assurance comprise et une maturité de 25 ans, portée à 27 ans quand l’amortissement est différé. Les banques peuvent y déroger sur 20 % de leur production trimestrielle. Le cadre n’a pas bougé depuis le 1er janvier 2024.
Ce qui a changé, et depuis quand
Le cadre tient en un texte et deux retouches. La décision du 29 septembre 2021 relative aux conditions d’octroi de crédits immobiliers pose les deux règles de base : « le taux d’effort des emprunteurs de crédit immobilier n’excède pas 35 % » et « la maturité du crédit n’excède pas 25 ans ». Le taux d’effort rapporte l’ensemble des charges d’emprunt annuelles — assurance emprunteur et crédits en cours compris — aux revenus annuels. Ces règles s’appliquent aux crédits dont le premier décaissement intervient à compter du 1er janvier 2022.
La durée connaît une tolérance. Quand l’entrée dans les lieux est décalée — vente en l’état futur d’achèvement, construction de maison individuelle, promotion immobilière — ou quand l’achat s’accompagne de travaux, la décision admet un différé d’amortissement « dans la limite d’une maturité maximale de 27 ans et d’une période d’amortissement ne pouvant excéder 25 ans ».
Première retouche : la décision du 29 juin 2023, entrée en vigueur le 1er juillet 2023. Les banques peuvent déroger aux deux critères sur 20 % de leur production de chaque trimestre civil ; ce que 2023 change, c’est la répartition de cette marge. Le texte de 2021 en réservait « au moins 80 % » aux acquéreurs de leur résidence principale ; c’est désormais « au moins 70 % », dont au moins 30 % aux primo-accédants, et « les 30 % restants de flexibilité maximale, soit 6 % de la production trimestrielle, sont libres d’utilisation ». La part libre est donc passée de 4 % à 6 % : la marge s’est desserrée.
Seconde retouche : la décision du 18 décembre 2023, applicable aux crédits débloqués à compter du 1er janvier 2024. Elle remplace « au moins 25 % » par « au moins 10 % » : c’est le poids minimal des travaux dans le coût total de l’opération pour ouvrir ce différé. Elle ajoute un article 4 bis qui exclut du calcul du taux d’effort les crédits relais dont la quotité de financement est inférieure ou égale à 80 %.
Depuis, aucune décision du Haut Conseil de stabilité financière relative aux conditions d’octroi de crédits immobiliers n’a été publiée au Journal officiel : le cadre en vigueur le 7 septembre 2026 est celui du 1er janvier 2024.
Qui est concerné, qui ne l’est pas
Tout nouveau crédit immobilier consenti à un emprunteur situé en France ou finançant un bien situé en France, résidence principale comme investissement locatif. L’article 3 laisse hors du champ les crédits renégociés, ceux qui servent à rembourser par anticipation un prêt souscrit dans un autre établissement et les regroupements de crédits : un prêt en cours n’est pas remis à la toise.
Un investisseur locatif est soumis aux deux mêmes critères, mais pas à la même marge : la dérogation qui lui reste est la part libre, 6 % de la production trimestrielle de la banque, contre 4 % avant juillet 2023. C’est ce qui explique qu’un dossier locatif à 36 % de taux d’effort passe plus difficilement qu’un dossier de résidence principale au même niveau.
Ce que ça change, sur un exemple
Exemple pédagogique, volontairement simple. Un foyer déclare 3 500 € de revenus nets mensuels. Le plafond de charges d’emprunt est de 1 225 € par mois, assurance comprise. S’il rembourse déjà 600 € pour sa résidence principale, il reste 625 € pour la mensualité du nouveau crédit, assurance de prêt incluse. C’est ce chiffre-là, et non le prix affiché du bien, qui commande la taille de l’opération.
Sur la durée, maintenant. Une opération dont le coût total s’élève à 200 000 € avec 25 000 € de travaux : les travaux pèsent 12,5 % du coût total, au-dessus des 10 % exigés depuis le 1er janvier 2024. Le différé est possible et la maturité peut aller à 27 ans, l’amortissement restant plafonné à 25 ans. Avant cette date, il aurait fallu 50 000 € de travaux pour y prétendre.
Ce qu’il faut faire
Posez d’abord vos deux chiffres : votre taux d’effort actuel, assurance emprunteur et crédits en cours compris, et la mensualité qu’il vous reste sous le plafond de 35 %. Un crédit à la consommation soldé avant le dépôt du dossier libère mécaniquement de la capacité : c’est le levier le plus rapide.
Pour un investissement locatif, ne comptez pas sur une dérogation : la marge est réservée en priorité à la résidence principale, le dossier doit passer dans les clous. Notre guide devenir finançable détaille ce que la banque regarde ; le simulateur chiffre l’opération sur le coût total. Pour trancher un cas précis, le premier appel dure trente minutes.
Sources.
Décision du 29 septembre 2021 relative aux conditions d’octroi de crédits immobiliers (décision n° D-HCSF-2021-7), NOR ECOT2128607S, Journal officiel n° 0237 du 10 octobre 2021, texte n° 16 : legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044178669
Article 1er de cette décision — taux d’effort, maturité, différé d’amortissement : legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000044178678
Décision du 29 juin 2023 relative aux conditions d’octroi de crédits immobiliers, NOR ECOT2316171S, Journal officiel n° 0151 du 1er juillet 2023, texte n° 12 : legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047772830
Décision du 18 décembre 2023 relative aux conditions d’octroi de crédits immobiliers (décision n° D-HCSF-2023-03), NOR ECOT2333556S, Journal officiel n° 0298 du 24 décembre 2023 : legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000048659704
Haut Conseil de stabilité financière, page officielle de la mesure relative à l’octroi de crédits immobiliers, où sont publiées les décisions et les communiqués de séance : economie.gouv.fr/hcsf/mesures/mesure-relative-loctroi-de-credits-immobiliers
Une précision de lecture : Légifrance ne publie pas de version consolidée de la décision du 29 septembre 2021. Son texte initial affiche toujours le seuil de travaux de 25 %, remplacé par 10 % au 1er janvier 2024, et la répartition de la marge en 80 %/20 %, remplacée par 70 %/30 % au 1er juillet 2023. Les trois décisions se lisent ensemble.
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